<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>BIKINI MAGPapier | BIKINI MAG</title>
	<atom:link href="http://bikinimag.fr/?cat=6&#038;feed=rss2" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://bikinimag.fr</link>
	<description>société &#38; pop culture</description>
	<lastBuildDate>Thu, 26 Mar 2026 09:05:47 +0000</lastBuildDate>
	<language></language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.0.4</generator>
		<item>
		<title>TOP 100 MUSIQUE</title>
		<link>https://bikinimag.fr/?p=4208</link>
		<comments>https://bikinimag.fr/?p=4208#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 14 Oct 2021 14:00:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bikini</dc:creator>
				<category><![CDATA[Papier]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://bikinimag.fr/?p=4208</guid>
		<description><![CDATA[TOP 100 /// Quels sont les meilleurs morceaux bretons de tous les temps ? Ne cherchez plus, les voici. À lire dans le nouveau numéro de Bikini (n° novembre-décembre 2021) et à écouter sur notre playlist YouTube.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #ff0000;">TOP 100</span> /// Quels sont les meilleurs morceaux bretons de tous les temps ? Ne cherchez plus, les voici.<br />
À lire dans le nouveau numéro de Bikini (<a href="http://bikinimag.fr/?p=4233" target="_blank">n° novembre-décembre 2021</a>) et à écouter sur notre <a href="https://www.youtube.com/playlist?list=PLTit3dDIeYpTHtCrSCD4FDdrbn4paTFiN" target="_blank">playlist YouTube</a>.<em><br />
</em></strong></p>
<p><iframe title="YouTube video player" src="https://www.youtube.com/embed/videoseries?list=PLTit3dDIeYpTHtCrSCD4FDdrbn4paTFiN" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://bikinimag.fr/?feed=rss2&#038;p=4208</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Le guide du glou glou</title>
		<link>https://bikinimag.fr/?p=3989</link>
		<comments>https://bikinimag.fr/?p=3989#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 27 Jun 2019 08:22:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bikini</dc:creator>
				<category><![CDATA[Papier]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://bikinimag.fr/?p=3989</guid>
		<description><![CDATA[Du pétillant, du gouleyant, de l&#8217;infusé, du houblonné, du rafraîchissant, du désaltérant&#8230; Pour mieux supporter la chaleur de l&#8217;été, on est parti à la recherche des 30 trucs à boire en BZH. Yech&#8217;hed mat ! Top 5 des bières bretonnes Au dernier recensement, on dénombrerait 124 brasseries en Bretagne. Le choix de bières est tellement exhaustif qu’il s’avère difficile de trancher pour sélectionner les meilleures d’entre elles. Pour avoir un avis d’expert en la matière, on a demandé à Franck Métivier, zythologue (ou biérologue, sorte d’œnologue de la bière) de livrer son top 5 perso des binouzes de la région. Philomenn Blanche Commençons avec une classique, accessible dans beaucoup de points de vente, et pas seulement des caves spécialisées : la Philomenn Blanche de la brasserie Touken à Tréguier (création en 2007). « Une bière de froment légère (5,6°) et aux arômes fruités (banane, citron vert). C’est un incontournable en Bretagne qui se déguste avec plaisir, de préférence au soleil. » Une bière de fraîcheur, donc, à la robe jaune paille, ronde en bouche et généreuse en céréales. NEIPA, La Dilettante Le monde de la bière n’échappe pas aux acronymes, NEIPA signifiant New England India Pale Ale, soit une IPA [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h4 style="text-align: justify;"><a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2019/06/biere1.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-3992" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2019/06/biere1-1024x576.jpg" alt="biere1" width="1024" height="576" /></a><strong><span style="color: #ff0000;">Du pétillant, du gouleyant, de l&#8217;infusé, du houblonné, du rafraîchissant, du désaltérant&#8230; Pour mieux supporter la chaleur de l&#8217;été, on est parti à la recherche des 30 trucs à boire en BZH. Yech&#8217;hed mat !</span></strong></h4>
<h4 style="text-align: justify;"><strong>Top 5 des bières bretonnes</strong></h4>
<p style="text-align: justify;">Au dernier recensement, on dénombrerait 124 brasseries en Bretagne. Le choix de bières est tellement exhaustif qu’il s’avère difficile de trancher pour sélectionner les meilleures d’entre elles. Pour avoir un avis d’expert en la matière, on a demandé à Franck Métivier, zythologue (ou biérologue, sorte d’œnologue de la bière) de livrer son top 5 perso des binouzes de la région.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Philomenn Blanche</strong><br />
Commençons avec une classique, accessible dans beaucoup de points de vente, et pas seulement des caves spécialisées : la Philomenn Blanche de la brasserie Touken à Tréguier (création en 2007). <em>« Une bière de froment légère (5,6°) et aux arômes fruités (banane, citron vert). C’est un incontournable en Bretagne qui se déguste avec plaisir, de préférence au soleil. »</em> Une bière de fraîcheur, donc, à la robe jaune paille, ronde en bouche et généreuse en céréales.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>NEIPA, La Dilettante</strong><br />
Le monde de la bière n’échappe pas aux acronymes, NEIPA signifiant New England India Pale Ale, soit une IPA née sur la côte Est des États-Unis, à l’amertume moins prononcée. <em>« Cette NEIPA première du genre en Bretagne est bien juicy, avec de beaux houblons parfumés. On est entre la bière et la salade de fruits »</em>, savoure Franck Métivier. Une mousse plaisir, création de La Dilletante, basée à Saint-Nolff.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Export Stout, Arvarus</strong><br />
Passons à du plus costaud (en goût comme en alcool comme le prouve ce joli 7,5° sur l’étiquette) avec la stout de la brasserie Arvarus, créée en 2018 à Ploumoguer. Un coup d’essai coup de maître pour notre zythologue : <em>« C’est une bière noire corpulente et puissamment torréfiée, aux notes de cacao et de café soutenues par une profonde amertume sous-jacente. »</em> Passez votre chemin les buveurs de Despé.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Houblon du jardin, Saint-Georges</strong><br />
Lorgnant également vers les îles britanniques, Jérôme Kuntz de la brasserie Saint-Georges a tapé dans l’œil de Franck Métivier avec sa spéciale houblon du jardin qui, comme son nom l’indique, est brassée uniquement avec les houblons de variété Cascade cultivés sur place à Guern. <em>« On est sur une bière blonde facile à boire, florale, aux accents de malt et de résine de houblon. Elle est proche des Bitter anglaises. »</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pale Ale, Skumenn</strong><br />
Terminons ce tour d’horizon avec un dernier détour vers l’Ille-et-Vilaine et une autre institution : la Pale Ale classique des Rennais de Skumenn, l’une des plus belles réussites brassicoles de ces dernières années en BZH. <em>« Dans l’énorme valse des Pale Ale, celle-ci est réellement plaisante et se distingue de la concurrence</em>, apprécie Franck Métivier. <em>Elle fait la différence avec ses arômes caramélisés. »</em> Il se fait soif, non ?</p>
<h4 style="text-align: justify;"><strong>Le Tue-Mouche</strong></h4>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2019/06/dossier-tue-mouche.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-4014" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2019/06/dossier-tue-mouche-1024x683.jpg" alt="dossier-tue mouche" width="1024" height="683" /></a>Et si le meilleur bistrot de Bretagne se trouvait à Plurien dans les Côtes d’Armor ? Installé face à l’église de ce village de 1 400 habitants, le Tue-Mouche fait à la fois bar et charcuterie, tenu par la famille Hénaff depuis sept générations. Une adresse incontournable pour les locaux, mais qui s’est également imposée comme un passage obligé pour tous les amoureux de rades authentiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Un succès en grande partie dû à Pierrette, la volubile et gouailleuse patronne (un personnage, vraiment), et à un cocktail mystérieux qui a d’ailleurs donné son nom au bar. <em>« Nous ne sommes que deux à connaître la recette. Tout ce que je peux dire, c’est qu’il y a sept alcools différents dedans. À toi de deviner… »</em>, se marre la tenancière en nous faisant goûter ce breuvage de couleur noire à la fois sucré et amer. Du Picon ? Du muscadet ? Pierrette reste muette tout en nous servant un deuxième. <em>« Le record, c’est 18. Un gars d’Erquy, un marin-pêcheur. »</em> On n’ira pas jusque-là mais nous repartirons tout de même avec une bouteille (20 €). <em>« Chaque été, des touristes qui découvrent le cocktail passent ici avant de reprendre la route. Belgique, Ukraine… Le Tue-Mouche a voyagé. »</em></p>
<h4 style="text-align: justify;"><strong>Le kombucha</strong></h4>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2019/06/dossier-kombucha.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-4013" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2019/06/dossier-kombucha-1024x449.jpg" alt="dossier-kombucha" width="1024" height="449" /></a>Tendance healthy oblige, les boissons fermentées sont dans une grosse hype depuis quelques mois. À côté du populaire kéfir (de l’eau ou du lait fermenté aux grains de kéfir), on trouve le kombucha qui – pour faire simple – est une sorte de thé pétillant fermenté grâces à des levures et bactéries. Riche en antioxydants et en probiotiques, ce soda 100 % naturel fait le succès de Biogroupe, une PME basée à Erquy dans les Côtes d’Armor. Le kombucha de sa gamme Karma (dispo dans les épiceries et supermarchés bio) lui assure même près de la moitié de son chiffre d’affaires, surfant sur ses vertus santé présumées. Une légende urbaine raconte même que Ronald Reagan aurait “soigné” son cancer du colon en buvant du kombucha…</p>
<h4 style="text-align: justify;"><strong>Le cidre du domaine de Kervéguen</strong></h4>
<p style="text-align: justify;">Dans sa réjouissante série documentaire À pleines dents !, Gérard Depardieu s’arrête chez Éric Baron, du Domaine de Kervéguen, à Guimaëc dans le Finistère. Si Gégé lui explique aimer les cidres paysans, <em>« qui te donnent la chiasse tout de suite »</em>, il n’en est rien avec les bouteilles de cette cidrerie bio. Parmi ses cuvées phare, Carpe Diem prestige 2017 (13,50 € la bouteille), <em>« une véritable vendange tardive »</em> que l’on retrouve sur les tables de l’Élysée.</p>
<h4 style="text-align: justify;"><strong>La liqueur Bouchinot</strong></h4>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2019/06/dossier-bouchinot.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-4009" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2019/06/dossier-bouchinot-1024x683.jpg" alt="dossier-bouchinot" width="1024" height="683" /></a>C’est la plus vieille liqueur de Bretagne. Imaginée en 1835 à Rennes, sa recette appartient aujourd’hui à la cidrerie Le P’tit Fausset à Merdrignac. <em>« Ça s’appelle liqueur, mais ça entre dans la catégorie des spiritueux,</em> précise Morgann Gauchet, son producteur, qui garde secrètement la composition. <em>C’est un mélange de quatre alcools dans lequel on ajoute du caramel, des épices et des infusions de plantes. »</em></p>
<h4 style="text-align: justify;"><strong>La Kerreizh</strong></h4>
<p style="text-align: justify;">Nouveauté : une bière artisanale sans alcool (si si). Brassée à Langonnet, la Kerreizh est une blonde goûtue qui s’avère être une excellente alternative aux pisse-mémés du marché que sont les Buckler et autres Heineken 0%.</p>
<h4 style="text-align: justify;"><strong>Le vin breton</strong></h4>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2019/06/IMG_7834.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-4017" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2019/06/IMG_7834-1024x757.jpg" alt="IMG_7834" width="1024" height="757" /></a>Depuis la loi de libéralisation des droits de plantation décidée par l’U.E en 2016, il est de nouveau permis de cultiver du vin au-dessus de la Loire et donc en Bretagne. Une première depuis près d’un siècle. Quelques projets professionnels se mettent en place du côté de Groix, Sarzeau ou encore de Saint-Jouan-des-Guérets, sur les bords de Rance, où Edouard Cazals vient tout juste de planter ses premières vignes de cépage chardonnay, pinot noir et grolleau sur deux hectares de terrain.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>« Pour goûter mes premiers vins, il va falloir attendre trois ans »</em>, prévient le jeune vigneron de 29 ans. Si aucun vin breton n’est jusqu’à présent commercialisé, quelques particuliers et associations ont devancé le dispositif légal en produisant dans la discrétion. C’est le cas notamment à Saint-Suliac, où une quarantaine d’amateurs éclairés produisent un blanc chenin et un rouge rondo. La cuvée 2018 sera, comme d’habitude, consommée entre membres de l’asso. On l’a goûtée, elle s’avère sacrément prometteuse, avec notamment un blanc sec à la jolie rondeur.</p>
<h4 style="text-align: justify;"><strong>L&#8217;Amante Verte</strong></h4>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2019/06/dossier-amante-1.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-4008" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2019/06/dossier-amante-1-1024x683.jpg" alt="dossier-amante-1" width="1024" height="683" /></a>Si pour vous les infusions se limitent aux tisanes “Nuit Calme” de votre mémé, il est grand temps de la pousser dans les orties. Direction Sixt-sur-Aff, à la frontière entre l’Ille-et-Vilaine et le Morbihan, chez Claire et Adrien Poirrier. Dans leur ferme bio, les deux créateurs de l’Amante Verte ont réussi le pari de faire de l’infusion un <em>« produit gastronomique »</em> et une <em>« réelle expérience gustative »</em> dans un marché dominé à 95 % par les sachets aux compositions déjà toutes faites (et pas toujours claires).</p>
<p style="text-align: justify;">Dans leur champ de deux hectares où se côtoient une cinquantaine de variétés de plantes toutes cultivées sans serre, en pleine terre, sans ajout de souffre et de cuivre (<em>« on se forme à la biodynamie »</em>), les deux trentenaires travaillent de la façon la plus respectueuse, aussi bien pour le sol que pour les végétaux. Quitte à bosser comme des tarés : désherbage et récolte manuelle, tri feuille à feuille, avant l’étape du séchage à basse température à moins de 40°.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>« Cela permet de garder tout le spectre aromatique et de ne pas perdre certaines notes qui pourraient se volatiliser à une température trop élevée. Par ce séchage délicat, on conserve ainsi toute l’année les saveurs optimales d’une plante qui, en général, ne dure que quelques jours à l’état naturel. »</em> C’est là que la conception des tisanes commence. <em>« Mélanger différentes plantes, c’est comme concevoir un parfum. Il y a la note de tête : la première impression lorsqu’on a le nez au-dessus de la tasse. La note de cœur qui va s’épanouir à la dégustation. Et la note de force qui va rester en bouche. »</em> Comme sur leur tisane signature “L’Ardente” où le basilic, l’angélique et la sarriette donnent corps à l’infusion. <em>« Souvent les idées d’assemblages naissent dans le champ quand on manipule les plantes. De la terre à la tasse. »</em></p>
<p style="text-align: justify;">Un travail artisanal et précautionneux qui séduit de jolies tables, dont celle de Romain Meder au Plaza Athénée (3 étoiles) qui a intégré L’Amante Verte à son chariot d’infusions (la classe). Un savoir-faire qui a un certain prix. <em>« Oui, c’est un produit de luxe, mais il reste accessible. Une boîte de 15 à 20 grammes coûte entre 7 et 12 €. Mais cela permet de faire jusqu’à 9 litres de tisane, les plantes pouvant être infusées jusqu’à deux ou trois fois. En soit, on est moins cher au litre que le Coca. »</em></p>
<h4 style="text-align: justify;"><strong>Le sobacha</strong></h4>
<p style="text-align: justify;">S’il fallait trouver une tisane pour faire le pont entre la Bretagne et le Japon, ça serait le sobacha. Cette boisson traditionnelle nippone est une infusion aux graines de sarrasin grillées ou torréfiées. Quelques entrepreneurs (Krazan à Noyal-Pontivy, L’Orgé à Yffiniac, Mademoiselle Breizh à Theix…) se sont même lancés dans cette production, s’appuyant sur la culture du “blé noir” qui depuis la fin des années 80 connaît un nouvel élan en Bretagne.</p>
<h4 style="text-align: justify;"><strong>Le Macka</strong></h4>
<p style="text-align: justify;">Le Lorand Barre est un étonnant lieu situé dans le hameau des Ponts-Neufs à Morieux. Une adresse qu’on se passe entre initiés. Ce troquet en forme de salle à manger n’est ouvert que sur réservation et ne propose qu’une boissoin : le Macka, furieux mélange de liqueurs (vermouth, Noilly Prat, Cinzano, gin, crème de cassis et quelques autres mystérieux ingrédients), servi dans un grand verre pour 13 €. Et on vous assure qu’un seul suffit à se mettre bien bien bien.</p>
<h4 style="text-align: justify;"><strong>Le whisky Teir Gwech</strong></h4>
<p style="text-align: justify;">Basée à Larmor-Pleubian, la distillerie Glann ar Mor (connue pour son whisky Kornog) vient tout juste d’embouteiller Teir Gwech, le premier whisky “triple distillation” produit en France. Un procédé qui, selon la méthode traditionnelle irlandaise, permet d’obtenir des spiritueux aux arômes typés et fruités. À ne pas mélanger avec du Coca donc, surtout à 98 € la bouteille.</p>
<h4 style="text-align: justify;"><strong>Les bières D&#8217;Istribilh</strong></h4>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2019/06/dossier-distribilh.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-4012" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2019/06/dossier-distribilh-1024x683.jpg" alt="dossier-distribilh" width="1024" height="683" /></a>Si le nombre de brasseries a explosé en BZH ces quinze dernières années, passant d’une vingtaine à plus d’une centaine aujourd’hui, est-on cependant sûr de boire une bière totalement bretonne ? Comment savoir d’où viennent orge, malt et houblon ? Pas toujours simple.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans la région, rares sont les brasseurs à assurer eux-mêmes l’ensemble de la chaîne de production et à porter la triple casquette de « paysan-malteur-brasseur ». C’est le cas de Gwenolé Ollivier, créateur en 2013 de la brasserie D’Istribilh à Plouider dans le Nord-Finistère. <em>« Pour faire du vin, un vigneron fait pousser son propre raisin. Ici, c’est pareil. C’est un engagement à la fois éthique, philosophique et environnemental. Dans une démarche proche du mouvement “Slow Food” duquel je me sens proche</em>, situe le garçon de 33 ans qui, sur ce projet, s’est associé avec le maraîcher Benoit Barantal qui fait pousser l’orge à Sizun, à quelques dizaines kilomètres de là. <em>L’idée est d’avoir la main sur chaque étape de fabrication. On part de la terre pour aller jusqu’à l’embouteillage. Avec cette volonté de produire une bière 100 % faite maison. »</em></p>
<p style="text-align: justify;">Une perspective rendue possible depuis 2017 avec la construction de sa propre malterie au sein de la brasserie. Deux grandes dalles de béton sur lesquelles l’orge est étalé puis imbibé d’eau afin qu’il germe. Une opération qui prend 4 à 5 jours, avant l’étape cruciale de dessiccation où les grains sont dorés au four à 70, 80, 90 ou 95 ° en fonction du type de bière souhaité.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>« Je produis ainsi vingt tonnes de malt. L’objectif est d’arriver prochainement à trente »</em>, espère Gwenolé. Sur les quatre bières qu’il produit, l’une d’elle sort du lot : la Mehodall, une blonde dorée de style Pale Ale, qui vient concrétiser son parcours de paysan-malteur-brasseur. <em>« Sur cette gamme, toutes les matières premières sont entièrement locales, le houblon venant de Loperhet à 30 bornes d’ici. »</em> Le résultat ? <em>« Une belle vivacité, un côté fermier au nez et des notes légères de fruits rouges en fin de bouche. »</em></p>
<h4 style="text-align: justify;"><strong>La Bambelle</strong></h4>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2019/06/bambelle.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-4006" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2019/06/bambelle-1024x683.jpg" alt="bambelle" width="1024" height="683" /></a>Avec D’Istribilh, c’est la seule brasserie en Bretagne à faire partie du cercle très fermé des “paysans-malteurs-brasseurs”. Installée à Saint-Gravé, dans le Morbihan, La Bambelle produit son houblon (400 pieds) et son orge malté (30 tonnes par an). Des matières premières pas encore totalement suffisantes (côté houblon notamment) pour tout produire elle-même, mais quasiment. Parmi les beaux bébés nés dans cette exploitation certifiée bio, <em>« la Chervad, une blonde de repas, peu amère », « la Bougad, une bière des beaux jours »</em> ou encore <em>« La Gargante, une bière dorée houblonnée à cru »</em>. Ça se glougloute très bien.</p>
<h4 style="text-align: justify;"><strong>La Petite Fessée</strong></h4>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2019/06/IMG_7818.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-4015" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2019/06/IMG_7818-1024x683.jpg" alt="IMG_7818" width="1024" height="683" /></a>Si chaque bar a son shooter secret à la carte, la Petite Fessée a notre préférence. Né de l’imagination de Théo, l’actuel co-gérant du bar La Cour à Rennes, ce mélange de trois alcools (du Baileys pour son côté crémeux, on vous laisse goûter pour deviner le reste) est également disponible au Petit Bar, où ce même Théo a travaillé un temps. C’est bon comme un Werther’s Original pour adultes.</p>
<h4 style="text-align: justify;"><strong>Les bières Térénez</strong></h4>
<p style="text-align: justify;">En pleine bourre ces dernières années, la brasserie du Bout du Monde, basée à Rosnoën, produit depuis 2013 les bières Térénez qui se déclinent en quatre gammes : blonde, blanche, triple et brune (on vous recommande cette dernière). Des breuvages produits à 20 mètres de profondeur dans d’anciens tunnels de l’OTAN où étaient entreposés des missiles. Un lieu inédit qui surtout offre de bonnes conditions de fabrication : une température stable et une hygrométrie idéale.</p>
<h4 style="text-align: justify;"><strong>Top 3 des coffee-shops</strong></h4>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2019/06/dossier-cafe-1.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-4010" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2019/06/dossier-cafe-1-1024x683.jpg" alt="dossier-cafe-1" width="1024" height="683" /></a><strong>Café 1802</strong><br />
N’allez pas demander « un simple café » à Renaud Le Duc et Frédéric Sauvaget. Dans leur coffee-shop “Café 1802” à Rennes, les deux garçons de 37 ans ont décidé de se consacrer aux “cafés de spécialité”. Une vision pointue du kawa où toutes les étapes font l’objet d’attention. <em>« Un café, ce n’est pas juste “du” café, c’est plus complexe que ça. C’est une variété, une provenance, un sol, une altitude, un producteur, une filière, une torréfaction, un mode d’extraction… »</em>, énumère Renaud pour qui tous ces facteurs permettent de cibler le café qui plaira le plus à chaque client. Un discours finalement assez proche de celui de l’œnologie.</p>
<p style="text-align: justify;">Plutôt fan des cafés fruités et complexes ? Optez pour un Mundo novo de la région du Cajamarca au Pérou cultivé à 1 850 mètres d’altitude. Vous préférez les cafés vifs aux notes citronnées ? Goûtez donc le Caturra qui a poussé entre 1 200 et 1 500 mètres d’altitude dans la région du Dipilto au Nicaragua. <em>« Nous sommes dans une logique de terroir où toutes les caractéristiques entrent en jeu. Prenons l’altitude : plus tu montes, plus ton café sera concentré en arômes. »</em></p>
<p style="text-align: justify;">En tout, une dizaine de variétés différentes sont proposées en permanence à la carte. Des cafés que Renaud torréfie lui-même. <em>« On reçoit le grain encore vert. En faisant la torréfaction par nos soins, cela permet de maîtriser toute la chaîne et ainsi de produire le style de café que l’on souhaite. J’ai tendance par exemple à préférer les torréfactions light car elles permettent de ne pas perdre la typicité. »</em></p>
<p style="text-align: justify;">Des particularités qui s’expriment également selon le mode d’extraction. Espresso, siphon, Aeropress, V60… <em>« Cela joue sur l’arôme et le corps. Si l’espresso</em> (à partir de 1,70 €, ndlr) <em>est souvent plébiscité, j’essaie d’ailleurs de réhabiliter le filtre. Notamment la méthode Chemex qui permet d’avoir les cafés les plus aromatiques. »</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le Café qui fume</strong><br />
Une traçabilité totale de l’arbre à la tasse : ce coffee-shop basé à Auray fait également de la transparence sa marque de fabrique. Férus de cafés de spécialité, Nolwenn et Julien Blaudeau offrent même la possibilité d’assister à la torréfaction. Toujours un kiff olfactif.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le Beaj Kafé</strong><br />
C’est l’une des adresses préférées des étudiants qui souhaitent bûcher avec une bonne tasse de latte à portée de main. Derrière le Beaj Kafé, se cache Romain Guerizec, un Lorientais d’origine qui, après des séjours prolongés en Allemagne et Australie, a décidé de s’installer à Brest pour y monter son coffee-shop.</p>
<p style="text-align: justify;">Un lieu où le patron endosse aussi la casquette de torréfacteur.<em> « Une étape que je fais en moyenne une fois par semaine. J’essaie d’avoir des torréfactions plutôt légères, ce qui donne des cafés plus acidulés »</em>, explique celui qui s’est formé à la Caféothèque à Paris et qui achète tous ses cafés par micro-lots.</p>
<h4 style="text-align: justify;"><strong>L&#8217;absinthe d&#8217;Awen Nature</strong></h4>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2019/06/Dossier-absinthe.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-4007" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2019/06/Dossier-absinthe-1024x683.jpg" alt="Dossier-absinthe" width="1024" height="683" /></a>Interdite en 1915 car on l’accusait de rendre fou, l’absinthe est de nouveau autorisée depuis 2011. Un alcool à l’image injustement sulfureuse qu’a voulu réhabiliter Julien Fanny, 33 ans, de la distillerie Awen Nature, située à La Bouëxière entre Rennes et Vitré.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>« Pour réaliser mon absinthe, j’utilise une base de plantes biologiques de grande absinthe</em>, <em>d’anis et de fenouil que je fais macérer dans de l’alcool de blé à 96°, avant de passer le tout à l’alambic. J’opère ensuite une réduction pour avoir une absinthe qui peut titrer entre 40 et 60°. Le volume d’alcool est un équilibre à trouver si on veut sentir le côté herbacé. »</em> Pour la dégustation, privilégiez la méthode traditionnelle : complétée à l’eau, en goutte à goutte sur un sucre.</p>
<h4 style="text-align: justify;"><strong>Top 5 des cidres nature</strong></h4>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2019/06/dossier-cidre.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-4011" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2019/06/dossier-cidre-1024x683.jpg" alt="dossier-cidre" width="1024" height="683" /></a>Face aux géants du cidre et à leurs breuvages trafiqués (la législation les autorise à utiliser jusqu’à 50 % d’ingrédients autres que la pomme), une solution : les “cidres nature”, conçus uniquement à partir de pommes issues de l’agriculture bio. Du verger à la bouteille, zéro intrant. Co-créateur du bar à cidres Le Sistrot à Quimper, Ronan Gire précise : <em>« Cela veut dire qu’aucune levure n’a été ajoutée pour la fermentation, celle-ci étant assurée par les levures naturellement présentes sur la peau de la pomme ; pas d’ajout de souffre ; une prise de mousse naturelle et non une gazéification au C02. »</em> En BZH, quelques producteurs défendent cette démarche vertueuse. Voici notre top 5.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La ferme de Kermarzin</strong><br />
Installés à Argol dans le Finistère, Baptiste Rollo et Hélène Gibiat font du cidre nature, <em>« sans triche, sans esbroufe, sans artifice. »</em> Dans leur verger, une dizaine de variétés de pommes rustiques et locales donnent vie à des cidres typés gentiment astringents (la cuvée “Bordel Amer”) ou portés sur le fruit (“Ar Maout Ruz”).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La cidrerie du Léguer</strong><br />
Sur ses quatre hectares de vergers bio à Lannion, Cédric Le Bloas travaille une vingtaine de variétés de pommes. Une diversité qui lui permet de créer des assemblages équilibrés.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Chistr Menez Hom</strong><br />
Fervent défenseur du pressage sur paille, Kevin Guermeur de la cidrerie <em>« expérimentale »</em> Chistr Menez Hom, installée à l’entrée de la presqu’île de Crozon, s’autorise des joyeuses digressions, comme sur sa cuvée rosée à la betterave.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La Cidrerie du Golfe</strong><br />
Si elle a dernièrement accueilli un concert du DJ Blutch en partenariat avec L’Échonova, cette cidrerie basée à Arradon produit surtout huit cidres nature, allant de l’acidulé à l’extra-brut.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les Chantiers d’automne</strong><br />
Implantée à Concoret, dans le pays de Brocéliande, cette cidrerie associative s’efforce de valoriser des pommes traditionnelles qui lui permettent de produire quatre cuvées comme la gouleyante  “Chom Teu”.</p>
<h4 style="text-align: justify;"><strong>Le Brastis</strong></h4>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2019/06/IMG_7824.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-4016" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2019/06/IMG_7824-1024x683.jpg" alt="IMG_7824" width="1024" height="683" /></a>Les leaders sudistes de l’apéritif anisé sont désormais concurrencés par un nouvel arrivant breton : le Brastis. Dans <em>« un marché qui roupille »</em>, Laurent Jouffe, de la société éponyme de liqueurs installée à Dinan, s’est dit qu’il y avait une place pour son petit jaune <em>« produit localement et fort en goût »</em>. 29 € la bouteille de 70 cl.</p>
<h4 style="text-align: justify;"><strong>Une Coreff au Ty Coz</strong></h4>
<p style="text-align: justify;">C’est au Ty Coz, institution morlaisienne, qu’a été tirée la première Coreff à la pression en 1985. Quoi de mieux alors que ce bar pour savourer une ambrée (l’historique) et ainsi célébrer la brasserie, née à Morlaix et aujourd’hui installée à Carhaix, pionnière du renouveau des bières artisanales en France.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Julien Marchand, Régis Delanoë et Isabelle Jaffré<br />
Photos : Bikini et DR</strong></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://bikinimag.fr/?feed=rss2&#038;p=3989</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Technologie, oh oui !</title>
		<link>https://bikinimag.fr/?p=3842</link>
		<comments>https://bikinimag.fr/?p=3842#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 08 Jun 2018 09:49:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bikini</dc:creator>
				<category><![CDATA[Papier]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://bikinimag.fr/?p=3842</guid>
		<description><![CDATA[Et si Brest devenait la capitale de la SexTech ? C’est le projet un peu fou de l’entrepreneuse Christel Le Coq qui souhaite lancer un accélérateur de startups prêtes à révolutionner nos vies sexuelles. Brest : sa rue de Siam, son téléphérique, son accent ti-zef, ses albums de Christophe Miossec, ses fêtes maritimes, son stade Francis-Le-Blé… Et bientôt ses startups du sexe ? L’idée peut surprendre, elle est pourtant bien dans les tuyaux. D’ici la fin de l’année, un accélérateur de jeunes entreprises estampillées “SexTech” devrait voir le jour dans la cité finistérienne. La SexTech ? Ce secteur d’activités où les technologies du numérique bousculent le business de la sexualité en proposant de nouveaux produits et des usages réinventés. Derrière cet innovant projet, on retrouve Christel Le Coq. Fondatrice de la startup E-Sensory, cette entrepreneuse brestoise avait pas mal fait parler d’elle en 2014 avec la création de Little Bird, un sextoy connecté à une application de littérature érotique (le toy vibrait aux passages les plus chauds du roman). Une idée loin d’être bête qui, en 2016, a emmené cette quadra jusqu’à la Mecque de la high-tech, le Consumer Electronics Show de Las Vegas, où elle a décroché un prix [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2018/06/sextech-ouv-web.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-3843" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2018/06/sextech-ouv-web-1024x736.jpg" alt="c'est l'amour sur le iphone" width="1024" height="736" /></a><strong>Et si Brest devenait la capitale de la SexTech ? C’est le projet un peu fou de l’entrepreneuse Christel Le Coq qui souhaite lancer un accélérateur de startups prêtes à révolutionner nos vies sexuelles.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Brest : sa rue de Siam, son téléphérique, son accent ti-zef, ses albums de Christophe Miossec, ses fêtes maritimes, son stade Francis-Le-Blé… Et bientôt ses startups du sexe ? L’idée peut surprendre, elle est pourtant bien dans les tuyaux. D’ici la fin de l’année, un accélérateur de jeunes entreprises estampillées “SexTech” devrait voir le jour dans la cité finistérienne. La SexTech ? Ce secteur d’activités où les technologies du numérique bousculent le business de la sexualité en proposant de nouveaux produits et des usages réinventés.</p>
<p style="text-align: justify;">Derrière cet innovant projet, on retrouve Christel Le Coq. Fondatrice de la startup E-Sensory, cette entrepreneuse brestoise avait pas mal fait parler d’elle en 2014 avec la création de Little Bird, un sextoy connecté à une application de littérature érotique (le toy vibrait aux passages les plus chauds du roman). Une idée loin d’être bête qui, en 2016, a emmené cette quadra jusqu’à la Mecque de la high-tech, le Consumer Electronics Show de Las Vegas, où elle a décroché un prix d’innovation. Malgré cette distinction et de nombreux échos dans les médias, E-Sensory a dû se résoudre à plier les gaules au début de l’année 2018.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #ff0000;">&laquo;&nbsp;Des investisseurs qui nous plantent&nbsp;&raquo;</span></h3>
<p style="text-align: justify;"><em>« L’entreprise a été placée en liquidation judiciaire. Les raisons sont multiples : des problèmes de production, de financement, de stratégie… J’assume certaines erreurs – comme le fait d’avoir voulu produire 100 % made in France – , mais je regrette d’avoir dû affronter des obstacles que je n’imaginais pas si nombreux, comme des banques qui refusent de nous suivre, des investisseurs qui nous plantent à cause de la nature du projet… Je pourrais écrire un bouquin si je voulais raconter tous les coups que j’ai reçus. »</em></p>
<p style="text-align: justify;">Un couac professionnel sur lequel Christel a donc décidé de rebondir en créant son accélérateur de startups SexTech, le seul en France avec celui lancé par Dorcel l’an passé. <em>« Avec E-Sensory, j’ai acquis une expérience que je souhaite désormais partager avec d’autres entrepreneurs. Je connais leurs difficultés, les choses à faire et ne pas faire, les pièges à éviter… L’idée est de pouvoir les accompagner et leur donner le maximum de clés pour réussir. »</em></p>
<p style="text-align: justify;">Un projet qui sera monté en partenariat avec The Corner, la nouvelle place forte des jeunes entreprises du numérique à Brest. Habitué à travailler sur des secteurs d’activités disons plus classiques, Julien Sévellec, co-fondateur de ce lieu, a tout de suite dit oui à l’idée de Christel. <em>« Cela faisait plusieurs années qu’on observait son travail d’influence afin de prêcher la bonne parole de la SexTech. Et comme elle, on est persuadé qu’il y a plein de choses à imaginer dans ce domaine. C’est un marché fort dont il est l’heure de faire bouger les lignes. »</em></p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #ff0000;">&laquo;&nbsp;La sexualité est l&#8217;expérience la plus partagée sur Terre&nbsp;&raquo;</span></h3>
<p style="text-align: justify;">Un secteur qui, de tout temps, a toujours su tirer profit des nouvelles technologies et contribuer à leur développement. La popularité du Minitel ? Merci les messageries érotiques. Le succès du format VHS face au Betamax ? Merci les cassettes porno. Les bons scores de Canal Plus ? Merci le film du samedi soir. Économie du plaisir et innovation : un couple souvent gagnant qui, avec la révolution numérique (objets connectés, réalité virtuelle, impression 3D, intelligence artificielle…), peut entrevoir de jolies perspectives et des marchés plus que juteux, à l’image de celui des sextoys dont on estime qu’il pèsera 50 milliards d’euros en 2020.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>« La sexualité – quelle que soit sa forme – est l’expérience la plus partagée sur Terre. Partant de ce constat, il y a forcément de nombreux projets et une multitude de produits à concevoir, </em>assure Christel Le Coq. <em>Mais attention : il faut que cela ait du sens. Si c’est pour inventer un énième Youporn, ça n’a pas d’intérêt. Nous visons des projets qui touchent davantage à l’érotisme, à la prévention, à la santé, à la sexualité et au plaisir pour tous. Le porno ? Je ne suis pas une anti : si quelqu’un vient avec l’envie de défendre du X éthique et féministe à la Erika Lust, je dis OK. »</em></p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #ff0000;">Sextoys dans les Ehpad</span></h3>
<p style="text-align: justify;">Pour sa première promo, l’accélérateur espère accueillir une dizaine de startups. Parmi les projets déjà repérés par Christel, celui de Pierre (prénom modifié). À 53 ans, cet entrepreneur, actuellement éditeur de logiciels à Nantes, souhaite développer une gamme de sextoys à destination des personnes en situation de handicap et du 4<sup>e</sup> âge. Un public totalement ignoré à l’heure actuelle par l’industrie du jouet pour adultes (à l’exception de la société poitevine HandyLover qui a développé des “bancs de masturbation” adaptés aux personnes à mobilité réduite). <em>« L’idée m’est venue lorsque je suis tombé amoureux il y a quelques années d’une femme magnifique qui était en fauteuil,</em> rembobine Pierre. <em>Dès lors, je me suis beaucoup interrogé sur la question de la sexualité chez les personnes handicapées. Je voyais les manques en la matière et souhaitais trouver des solutions pour y pallier. »</em></p>
<p style="text-align: justify;">Car oui, les corps brisés ou vieillis ont aussi le droit au plaisir. <em>« Beaucoup de gens découvrent cette réalité mais préfèrent se mettre la tête dans la sable, ce qui peut conduire à des situations dramatiques. On n’imagine pas à quel point c’est compliqué pour une famille de gérer les pulsions sexuelles d’un parent ou d’un enfant. Il suffit d’interroger le corps médical ou le personnel des Ehpad pour mieux s’en rendre compte. Mais cela demande du recul et tout le monde ne l’a pas. »</em></p>
<p style="text-align: justify;">S’il a déjà commencé à dessiner ses premiers modèles (<em>« plus ergonomiques, pouvant être utilisés quelle que soit la position de la personne, avec des boutons de commande plus gros, facilement lavables… »</em>), Pierre espère lancer le prototypage dans les semaines à venir et se fixe l’horizon 2019 pour les différentes phases d’études scientifiques, avant une possible commercialisation.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2018/06/sextech-1-web.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-3844" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2018/06/sextech-1-web-1024x683.jpg" alt="sextech-1-web" width="1024" height="683" /></a>Parmi les autres projets sourcés par l’accélérateur brestois : une entrepreneuse souhaitant développer des prothèses mammaires high-tech pour les femmes ayant subi une mastectomie <em>« restituant un sein aux formes, poids et tailles identiques »</em>. Et, plus frivole, la startup parisienne Lola Next Door où camgirls et utilisateurs peuvent désormais échanger via Snapchat. <em>« Un nouveau style de divertissement pour adultes, entre le sexto et le show webcam »</em>, résume son jeune créateur Jean-Phillipe Hue, 24 ans.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>« Si toutes ces entreprises sont sur des produits différents, elles partagent pour autant des problématiques communes : la difficulté de trouver des investisseurs, d’obtenir des prêts bancaires, de communiquer, de mobiliser une communauté…</em>, fait savoir Christel. <em>Avec l’accélérateur, notre objectif est de pouvoir anticiper ces problèmes et créer un écosystème qui soit favorable au développement des projets. »</em> <em>« Cela passe par des freins, notamment culturels, qu’il faut faire sauter,</em> poursuit Julien de The Corner. <em>Et si certains interlocuteurs et acteurs économiques refusent de s’engager, d’autres leviers devront alors être activés. »</em></p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #ff0000;">&laquo;&nbsp;Financement anonyme&nbsp;&raquo;</span></h3>
<p style="text-align: justify;">Une situation que s’attend à vivre Pierre avec ses sextoys. <em>« Pour la réalisation des premières séries, il va falloir trouver des financements à hauteur de 1 ou 2 millions d’euros. C’est là que ça peut coincer car ça reste tabou pour beaucoup de gens. Mais j’espère trouver d’autres relais et pourquoi pas des mécènes institutionnels comme la Fondation de France ou l’APF France Handicap qui sont naturellement sensibles à ce genre de sujet</em>, indique l’entrepreneur qui – et c’est symptomatique – préfère rester anonyme avant le lancement officiel de son produit. <em>Je n’ai malheureusement pas confiance dans l’ouverture d’esprit de mes contemporains. C’est encore trop tôt pour m’afficher et faire courir un risque sur mes autres entreprises. Un de mes actuels partenaires qui ne jugerait pas mon projet moral pourrait très bien décider de se retirer. » </em></p>
<p style="text-align: justify;">Une frilosité que regrette Frédéric Nicolas, porte-parole brestois de la French Tech, le label attribué aux villes “startups friendly”. <em>« D’une manière globale, il faut savoir que les fonds d’investissement refusent 95 % des projets qu’on leur soumet. Mais pour les entreprises de la SexTech, c’est encore plus compliqué et cela peut devenir le parcours du combattant. Des solutions existent malgré tout : je pense notamment au blockchain, un nouveau mode de financement anonyme. »</em></p>
<p style="text-align: justify;">Même état d’esprit de la part de Florent Vilbert, de la French Tech Rennes St Malo. S’il affirme que le territoire breton demeure relativement dépourvu en entrepreneurs du sexe 2.0, il reste persuadé du futur essor de ce secteur. <em>« Pour preuve, la SexTech sera l’un des principaux thèmes de la “Digital Tech Conference” que nous organisons à Rennes en décembre prochain. »</em></p>
<p style="text-align: right;"><strong>Julien Marchand</strong><br />
<strong>Visuels : Gwendoline Blosse et DR<br />
</strong>Paru dans <strong><a href="http://bikinimag.fr/?p=3832" target="_blank">Bikini#37</a></strong></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://bikinimag.fr/?feed=rss2&#038;p=3842</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>&#171;&#160;Toujours se battre pour le droit à l&#8217;IVG&#160;&#187;</title>
		<link>https://bikinimag.fr/?p=3817</link>
		<comments>https://bikinimag.fr/?p=3817#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 29 May 2018 10:12:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bikini</dc:creator>
				<category><![CDATA[Papier]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://bikinimag.fr/?p=3817</guid>
		<description><![CDATA[Installée à Galway, la Rennaise Maëlle Noir sort d’une année de militantisme qui s’est conclue, fin mai, par le référendum sur l’avortement en Irlande. Un vote qui lui rappelle que rien n’est jamais acquis pour le droit des femmes. C’est un vote historique que vient de connaître la République d’Irlande. Le 25 mai, un référendum a appelé femmes et hommes du pays à statuer sur le 8e amendement de la Constitution, qui reconnaît « le droit égal à la vie de la mère et de l’enfant à naître », interdisant de facto toute interruption volontaire de grossesse (IVG), sauf en cas de danger mortel pour la femme enceinte. 66,4 % de « yes » en faveur de la légalisation de l’avortement : un résultat sans appel, porté par un taux de participation élevé, qui confirme l’affaiblissement inexorable de l’Église catholique sur l&#8217;île. Cette campagne du référendum, la Rennaise Maëlle Noir l’a vécue en plein cœur. Étudiante en droit à Galway, où elle compte s’installer définitivement à l’issue de son année universitaire, cette jeune femme de 21 ans fait partie des rares Françaises à avoir milité activement au sein du mouvement “Repeal the 8th” (abroger le 8e). Un combat qu’elle n’aurait jamais pensé avoir à mener. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2018/05/Maelle-1.png"><img class="aligncenter size-large wp-image-3818" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2018/05/Maelle-1-1024x609.png" alt="Maelle-1" width="1024" height="609" /></a><strong>Installée à Galway, la Rennaise Maëlle Noir sort d’une année de militantisme qui s’est conclue, fin mai, par le référendum sur l’avortement en Irlande. Un vote qui lui rappelle que rien n’est jamais acquis pour le droit des femmes.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">C’est un vote historique que vient de connaître la République d’Irlande. Le 25 mai, un référendum a appelé femmes et hommes du pays à statuer sur le 8<sup>e</sup> amendement de la Constitution, qui reconnaît <em>« le droit égal à la vie de la mère et de l’enfant à naître »</em>, interdisant de facto toute interruption volontaire de grossesse (IVG), sauf en cas de danger mortel pour la femme enceinte.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>66,4 % de « yes »</strong> en faveur de la légalisation de l’avortement : un résultat sans appel, porté par un taux de participation élevé, qui confirme l’affaiblissement inexorable de l’Église catholique sur l&#8217;île.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette campagne du référendum, la Rennaise Maëlle Noir l’a vécue en plein cœur. Étudiante en droit à Galway, où elle compte s’installer définitivement à l’issue de son année universitaire, cette jeune femme de 21 ans fait partie des rares Françaises à avoir milité activement au sein du mouvement “Repeal the 8th” (abroger le 8<sup>e</sup>). Un combat qu’elle n’aurait jamais pensé avoir à mener.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #ff0000;">UN MOT TABOU</span><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">« Quand je suis arrivée à Galway il y a un an, je n’étais pas au courant de ce projet de référendum. Mais j’ai vite été mise dans le bain. Au début, je me disais que c’était impossible qu’il y ait encore un pays dans l’Union européenne – autre que Malte – qui interdise l’avortement. Ça reste un mot tabou ici. Ce n’est pas un sujet dont il est facile de parler. La religion fait partie de l’éducation et de la culture des Irlandais. Ça m’interpelait au début, mais c’est un combat dans lequel j’ai tout de suite eu envie de me lancer. »</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2018/05/DSC_0133-copie-2.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-3820" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2018/05/DSC_0133-copie-2-1024x683.jpg" alt="DSC_0133 - copie 2" width="1024" height="683" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2018/05/DSC_0015-copie-2.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-3821" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2018/05/DSC_0015-copie-2-1024x714.jpg" alt="DSC_0015 - copie 2" width="1024" height="714" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2018/05/DSC_0019-copie-2.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-3822" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2018/05/DSC_0019-copie-2-1024x750.jpg" alt="DSC_0019 - copie 2" width="1024" height="750" /></a><em>Dublin, le 24 mai 2018</em></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #ff0000;"><strong>PAS UNE HISTOIRE DE GÉNÉRATIONS</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">« Je milite au sein du groupe Galway Pro-Choice dans lequel je me suis pleinement investie. Sur la trentaine de membres actifs, nous sommes deux Françaises. Durant toute la campagne, notre mission était avant tout d’informer la population. Cela passait par beaucoup de porte-à-porte. Tous les jours, nous étions sur le terrain à quadriller chaque rue pour expliquer les enjeux du vote aux habitants. J’ai pu me rendre compte que ce n’était pas qu’une histoire de générations comme on nous l’explique souvent. Il n’y a pas d’un côté les jeunes qui sont pour et, de l’autre, les anciens qui sont contre. C’est beaucoup plus nuancé. À l’université par exemple, j’ai pu échanger avec beaucoup d’étudiants qui trouvent l’avortement inconcevable. Les échanges que j’ai pu avoir avec eux m’ont le plus marquée. Venant d’un pays où cela est autorisé, j’avais l’impression d’essayer de les convaincre que le ciel est bleu. Malgré tout, je trouve que la société irlandaise s’ouvre dans son ensemble. En 2015, le mariage pour tous est passé comme une lettre à la poste, par référendum en plus (<em>62</em><em> </em><em>% de oui, ndlr</em>). Leo Varadkar, le Premier ministre, est gay et l’assume pleinement. On peut y voir un progrès dans les mentalités. »</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #ff0000;">MON REGARD DE FRANÇAISE</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;">« Dans mon parcours militant, c’est la première fois que je fais vraiment partie d’une association. Débuter par une campagne comme celle-ci n’est pas anodin. C’est triste de devoir militer pour le droit à l’avortement en 2018. D’où ma forte émotion le soir du référendum lorsque les premiers sondages et résultats, annonçant une victoire du oui, ont commencé à sortir. En tant que Française, je ne me serais jamais imaginé lutter un jour pour cela. Dernièrement, je me suis rendue compte que quand l’IVG a été autorisée en France ma grand-mère avait le même âge que moi aujourd’hui. Cela m’a fait prendre conscience de l’urgence de la situation en Irlande. On estime que chaque jour en moyenne onze femmes se rendent en Angleterre pour pouvoir avorter. Et pour celles qui n’en ont pas les moyens, cela passe par des pilules douteuses achetées sur Internet ou le recours à des techniques ancestrales barbares. En plus de cette injustice faite aux femmes, une seconde injustice par l’argent s’opère. Tout le monde doit avoir un accès libre et sécurisé à l’avortement. Ce que va permettre ce référendum. Un résultat historique qui va bouleverser la vie et le quotidien de mes amies irlandaises. »</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2018/05/DSC_0042-copie.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-3819" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2018/05/DSC_0042-copie-1024x683.jpg" alt="DSC_0042 - copie" width="1024" height="683" /></a><em>Dublin, le 25 mai 2018</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #ff0000;">UN DROIT À DÉFENDRE</span><br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">« Le droit à l’IVG, il faut le défendre partout : en Irlande, en Europe, dans le monde. Et aussi en France où, il faut le rappeler, il n’est pas inscrit dans la Constitution. Il serait facile de modifier la loi pour le limiter, comme certains pays ou états américains le font actuellement. On l’a vu en avril dernier lors de discussions au Sénat (<em>suite à la proposition d’élus communistes visant à inscrire le droit à l’IVG dans la Constitution française, ndlr</em>) où des discours qu’on pensait obsolètes ont rejailli. C’est tout le temps qu’il faut rester vigilant. »</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #ff0000;"><strong>ÉGALITÉ PARFAITE</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">« Ma définition du féminisme, ce n’est pas girl power. C’est juste une égalité parfaite entre les hommes et les femmes sur tous les plans : professionnel, social, culturel… Ce référendum a été un grand combat, la campagne a été exténuante, mais la lutte vers plus de droits et de progrès n’est pas finie. Toutes les causes sont importantes. Mon année de militantisme m’a confortée dans cette idée du féminisme. Je vais continuer dans cette voie avec mes études de droit avant, un jour j’espère, travailler pour une ONG spécialisée dans les droits des femmes. »</p>
<p style="text-align: right;"> <strong>Julien Marchand</strong><br />
<strong>Photos : Kelvin Gillmor (à Galway) et Bikini (à Dublin)<br />
</strong>Article (ici actualisé) paru dans BIKINI#37<strong><br />
</strong></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://bikinimag.fr/?feed=rss2&#038;p=3817</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>À la recherche du wallaby</title>
		<link>https://bikinimag.fr/?p=3736</link>
		<comments>https://bikinimag.fr/?p=3736#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 21 Sep 2017 13:01:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bikini</dc:creator>
				<category><![CDATA[Papier]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://bikinimag.fr/?p=3736</guid>
		<description><![CDATA[DEPUIS SIX MOIS DANS LES CÔTES D&#8217;ARMOR, UN MARSUPIAL ÉCHAPPÉ DE SON ENCLOS SE BALADE EN PLEINE CAMPAGNE. DU JARDIN DE SON PROPRIO AU DERNIER SPOT OÙ ON L’APERÇU, ON A REMONTÉ LA PISTE. HOUBA HOUBA ! &#171;&#160;C’était le lundi 6 mars, à 7 h du matin : un ouvrier de la carrière de la commune m’appelle pour me prévenir qu’il a vu un kangourou sur le bord de la route en allant travailler. Si je l’ai cru ? Je connaissais bien le garçon, donc je n’ai pas mis en doute ce qu’il me disait, même si forcément cela surprend ! » Six mois après cet étonnant coup de fil, l’histoire fait toujours sourire Cyril Jobic, le maire de Calanhel. Au milieu des champs et des sous-bois, c’est bien un jeune wallaby, un kangourou de petite taille (90 cm max), qui vagabonde autour de ce bourg de 210 habitants des Côtes d’Armor. « Je l’ai moi aussi croisé au bord de la route, complètement par hasard, poursuit l’élu. C’était quinze jours après sa première apparition. J’ai sorti mon téléphone et j’ai même eu le temps de prendre quelques photos à une dizaine de mètres ! Mais quand j’ai voulu me rapprocher, il [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2017/09/DSC_0016.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-3737" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2017/09/DSC_0016-1024x696.jpg" alt="DSC_0016" width="1024" height="696" /></a><span style="color: #ff0000;"><strong>DEPUIS SIX MOIS DANS LES CÔTES D&#8217;ARMOR, UN MARSUPIAL ÉCHAPPÉ DE SON ENCLOS SE BALADE EN PLEINE CAMPAGNE. DU JARDIN DE SON PROPRIO AU DERNIER SPOT OÙ ON L’APERÇU, ON A REMONTÉ LA PISTE. HOUBA HOUBA !</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><em>&laquo;&nbsp;C’était le lundi 6 mars, à 7 h du matin : un ouvrier de la carrière de la commune m’appelle pour me prévenir qu’il a vu un kangourou sur le bord de la route en allant travailler. Si je l’ai cru ? Je connaissais bien le garçon, donc je n’ai pas mis en doute ce qu’il me disait, même si forcément cela surprend ! »</em> Six mois après cet étonnant coup de fil, l’histoire fait toujours sourire Cyril Jobic, le maire de Calanhel.</p>
<p style="text-align: justify;">Au milieu des champs et des sous-bois, c’est bien un jeune wallaby, un kangourou de petite taille (90 cm max), qui vagabonde autour de ce bourg de 210 habitants des Côtes d’Armor. <em>« Je l’ai moi aussi croisé au bord de la route, complètement par hasard, poursuit l’élu. C’était quinze jours après sa première apparition. J’ai sorti mon téléphone et j’ai même eu le temps de prendre quelques photos à une dizaine de mètres ! Mais quand j’ai voulu me rapprocher, il s’est enfui. »</em></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2017/09/WALLABY-1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-3739" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2017/09/WALLABY-1.jpg" alt="WALLABY-1" width="720" height="502" /></a>Une habitude pour ce wallaby. Rémi Théobald (<em>ci-dessous</em>), habitant de Calanhel et propriétaire de l’animal, confirme. C’est en effet le jour où il a voulu le mettre dans son parc que le marsupial s’est fait la malle. <em>« Venez voir, c’est juste ici,</em> indique-t-il en nous conduisant dans son jardin au lieu-dit de Penn-ar-Pont.<em> Ça s’est passé là : au moment où je l’installais dans son enclos, il m’a sauté par-dessus, avant de se barrer dans la nature. J’ai eu le temps de rien faire… C’était impossible de le rattraper. Un wallaby a beau être petit, ça reste très puissant… »</em></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2017/09/wallaby-2.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-3740" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2017/09/wallaby-2-1024x683.jpg" alt="wallaby-2" width="1024" height="683" /></a>Depuis, la bête ne cesse de faire des apparitions. Au village, une dizaine de personnes ont déjà croisé son chemin. <em>« Moi, je l’ai vu un soir au mois de mars. Il était en plein milieu de la route. J’ai pilé pour ne pas l’écraser ! Il ne bougeait pas, sans doute effrayé par les phares de ma voiture »</em>, se souvient Yvonne Prigent, qui tient le Café de la Poste en plein cœur du bourg.</p>
<p style="text-align: justify;">Après plusieurs semaines de discrétion, c’est à Callac, à 6 kilomètres au sud de Calanhel, que l’animal a refait surface. Une jeune femme de 18 ans a même réussi à le photographier près de la gare. C’est d’ailleurs dans ce quartier que Marylène Hamon, la tenancière du bar La Buvette, l’a elle aussi aperçu.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>« C’était un matin, j’allais déposer des sous à la banque. Le wallaby était là, il descendait la route sur ses grandes pattes… Une personne qui l’avait également repéré a contacté les gendarmes, mais c’était trop tard. »</em> <em>« On est intervenu une fois après un appel, mais sans succès,</em> fait savoir Christophe Mosse de la gendarmerie de Callac. <em>Nous n’avons pas organisé de battue car il n’y a rien d’alarmant. Et, pour l’instant, son propriétaire ne s’affole pas… »</em></p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #ff0000;">&laquo;&nbsp;Si j&#8217;ai essayé de le récupérer ? Non&nbsp;&raquo;</span></h3>
<p style="text-align: justify;">D’après de nombreux témoignages, le wallaby aurait ensuite fait son nid en mai autour de l’étang de la Verte Vallée, toujours à Callac. Un vaste plan d’eau, bordé d’arbres, de buissons et de fougères. Un endroit calme où le petit animal (herbivore) avait tout pour se poser tranquillou bilou&#8230; C’est finalement à Saint-Nicodème, à 13 kilomètres de là, qu’il est réapparu fin juin, aperçu par un habitant de la commune. Un road trip à travers les champs que le marsupial ne semble visiblement pas vouloir arrêter.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>« Pour le moment, il ne représente pas de réel danger, même s’il est en liberté. La seule crainte, c’est qu’il cause un accident de la route. Là je serais responsable…,</em> concède son proprio, qui semble pour autant avoir clairement lâché l’affaire. <em>Si j’ai essayé de le récupérer depuis ? Non. Même si je le vois, je ne pense pas que j’arriverais à mettre la main dessus… La seule solution si quelqu’un le trouve, ça serait de l’enfermer dans un endroit clos, une grange par exemple. Sinon, on peut essayer de le piquer avec un fusil hypodermique, mais il faut faire attention au dosage de la seringue, pour ne pas le tuer… »</em></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2017/09/wallaby-3.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-3741" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2017/09/wallaby-3-1024x683.jpg" alt="wallaby-3" width="1024" height="683" /></a><em>« Autant le laisser dans la nature s’il ne fait pas de dégâts</em>, estime de son côté Cyril Jobic (<em>ci-dessus</em>), tout heureux que cette histoire fasse parler de sa commune.<em> J’ai été interrogé par plusieurs médias : Le Parisien, RTL… Et même par une journaliste de New York ! Tout ça, au final, c’est plutôt marrant. Ce wallaby peut devenir notre mascotte. Avec l’ouverture de la chasse à l’automne, il ne faudrait juste pas qu’on lui tire dessus… »</em></p>
<p style="text-align: justify;">En Bretagne, ce n’est pas la première fois que des animaux en liberté font parler d’eux. Parmi les cas les plus emblématiques : l’ours de Ploëzal dans les Côtes d’Armor qui, en 1997, avait fait pas mal causer. Pendant plus de deux mois, l’animal avait été recherché. Trois battues avaient été organisées, un hélicoptère déployé et de nombreux habitants mobilisés pour tenter de choper la bête.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #ff0000;">&laquo;&nbsp;Marcel, y peut pas confondre un ours avec un blaireau&nbsp;&raquo;</span></h3>
<p style="text-align: justify;">Vingt ans plus tard, Lucien François, l’ancien maire, n’a rien oublié de cet épisode. <em>« Tout cela a commencé à la fin du mois d’août. Un couple de Parisiens en vacances dans la région expliquait avoir vu un ours à Ploëzal. »</em> L’histoire fait alors le tour du village. La presse s’y intéresse, jusqu’à ce que les gardes-chasses prennent les choses en main. Au lieu-dit Campors, des pièges à base de miel, de poissons et de pommes sont même mis en place pour appâter l’animal. Sans succès.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2017/09/wallaby-4.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-3742" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2017/09/wallaby-4-1024x624.jpg" alt="wallaby-4" width="1024" height="624" /></a>Mais le vendredi 3 octobre, l’ours est aperçu plusieurs fois. Des cris rauques et puissants sont également entendus. Au hameau de Kerouarn, Marcel Le Calvez, un agriculteur, assure l’avoir vu près de ses clapiers. <em>« Il regardait les lapins. Je suis arrivé. Il a démarré tout de suite, mais tranquillement. En partant, il s’est retourné et m’a regardé. Il était à dix mètres. Il est allé dans la rangée de choux et je l’ai perdu dans la brume »</em>, expliquait-il dans les colonnes d’Ouest-France.</p>
<p style="text-align: justify;">Un témoignage crédible ? <em>« Marcel, y peut pas confondre un ours avec un blaireau… »</em>, estimait à l’époque le premier adjoint de la commune. Surtout que le même jour, un second agriculteur affirme lui aussi l’avoir repéré. Au fil des témoignages, la description de la bête s’affine et fait clairement penser à un ourson : <em>« de couleur brune, tirant sur le noir par endroit », « une soixantaine de centimètres au garrot », « 1 m 50 debout »&#8230;</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>« À partir de ce moment-là, la gendarmerie a appelé un hélicoptère pour faire le tour du secteur »</em>, se souvient Lucien François. En parallèle, des gendarmes et gardes-chasses, accompagnés d’une quarantaine de riverains, quadrillent le secteur et balaient les environs. Une battue d’envergure qui ne donnera rien, même si les protagonistes restent persuadés de l’existence de l’ours. En tout, neuf personnes prétendent l’avoir vu.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #ff0000;">&laquo;&nbsp;Je n&#8217;avais pas bu&nbsp;&raquo;</span></h3>
<p style="text-align: justify;">Jusqu’au dénouement, une quinzaine de jours plus tard, lorsqu’un gros chien est retrouvé mort sur le bord de la route. Poils bruns mi-longs et taille de 70 cm au garrot, la ressemblance est forte entre l’ours présumé et cet imposant cabot.<em> « Entre temps, un de mes amis m’avait appelé pour me dire qu’il avait perdu sa chienne, un griffon Korthals. »</em> La race du chien renversé. <em>« Ce fameux ours qu’on traquait depuis plus de deux mois, c’était tout simplement&#8230; un chien. »</em></p>
<p style="text-align: justify;">Une découverte qui sonna la fin des recherches. Si les gendarmes ont longtemps continué à y croire (<em>« le faisceau d’indices dont nous disposons laisse supposer qu’on a bien affaire à un ourson »</em>, persistait le capitaine Bourin, alors commandant de la compagnie de gendarmerie de Guingamp), les investigations furent officiellement suspendues le 20 octobre. Aujourd’hui, restent les souvenirs d’une <em>« histoire amusante »</em> désormais inscrite au palmarès de la commune, jusqu’à lui donner le nom d’un de ses principaux événements sportifs, La Course de l’Ours, dont la vingtième édition se tient début novembre.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2017/09/wallaby-8.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-3743" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2017/09/wallaby-8-1024x683.jpg" alt="wallaby-8" width="1024" height="683" /></a>À une dizaine de kilomètres de Ploëzal, la bourgade de Squiffiec, en plein pays trégorrois, a elle aussi eu droit à son feuilleton animalier. C’était en novembre 2011. Alors en plein repérage sur le terrain en prévision de l’ouverture de la chasse, Jean Duigou, habitant au lieu-dit Run Kermouster, raconte s’être retrouvé nez à nez avec… une panthère. Le retraité se remémore encore très bien aujourd’hui cette rencontre inopinée.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>« J’étais dans un champ où je marchais dans les traces de la moissonneuse quand je suis tombé sur elle. Elle était là, à l’affût en train de guetter un faisan. Tout d’un coup, elle a tourné la tête dans ma direction, avant de s’échapper vers la forêt de pins. Elle a dû faire 50 mètres en trois-quatre bonds maximum. »</em> Plutôt ouf.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais ça fait pas peur ? <em>« Elle ne m’a pas semblé menaçante, plutôt craintive même. Elle avait des grands yeux verts brillants, une tête triangulaire caractéristique, un pelage noir… Pas de doute que c’était une panthère. En tout cas, ce n’était pas un serval</em> (félin africain proche du chat, ndlr)<em>, comme beaucoup l’ont prétendu après : j’ai fait la guerre d’Algérie, et je sais à quoi ça ressemble un serval ! »</em></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2017/09/wallaby-9.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-3744" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2017/09/wallaby-9-1024x683.jpg" alt="wallaby-9" width="1024" height="683" /></a>Malgré la bonne foi de ce témoin, aucune trace ni indice formel ne sera relevé durant les quelques semaines de traque. Président de la société de chasse locale, Éric Prigent (<em>ci-dessus</em>) confirme. <em>« Quand Jean m’a parlé de cette panthère, j’ai appelé les gardes fédéraux pour les avertir. Ils ont alors décidé de mettre un piège en place : un appât vivant dans une cage et un appareil photo nocturne. Mais cela n’a rien donné. »</em></p>
<p style="text-align: justify;">Aucune empreinte ne sera non plus découverte par l’employé du zoo de Trégomeur pourtant dépêché sur place. <em>« Mais le temps était très sec, aucune trace n’était possible,</em> rétorque Jean Duigou qui y croit toujours à bloc malgré les moqueries dont il a été sujet. <em>Le maire n’a jamais vraiment pris au sérieux mon témoignage. Et Nono, le dessinateur du Télégramme, sous-entendait que j’avais dû boire un verre de trop… Alors que non. »</em></p>
<p style="text-align: justify;">Si un routier affirmera quelques jours plus tard avoir lui aussi aperçu une panthère du côté de Plouisy, à 8 km de Squiffiec, aucune battue ne sera organisée. Six années plus tard, le mystère reste donc entier. <em>« On ne connaîtra sans doute jamais le fin mot de l’histoire. C’est dommage,</em> regrette Éric Prigent.<em> Est-ce que c’était un gros chat ? Un animal échappé d’un cirque ? Moi, je pencherais pour une bête apprivoisée enfuie de chez un particulier. Une hallucination des témoins ? Je ne pense pas. Et puis, une panthère à Squiffiec, j’ai envie d’y croire. Tout le monde n’a pas ça chez lui. »</em></p>
<p style="text-align: justify;">En attendant la prochaine bête ? Depuis le 20 juillet, un fauve, d’abord identifié comme une lionne puis comme un puma concolor se baladerait en Mayenne, d’après plusieurs témoignages. Bloqué par l’autoroute, l’animal pourrait désormais se diriger vers la Bretagne. Roaaaaaar !</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Maud Gautier et Julien Marchand</strong><br />
Paru dans <a href="http://bikinimag.fr/?p=3719" target="_blank">BIKINI#33</a><br />
Photos : Bikini</p>
<h4 style="text-align: center;">&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;-</h4>
<h4 style="text-align: justify;"><strong>&laquo;&nbsp;Je traque le yéti&nbsp;&raquo;</strong></h4>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2017/09/yeti1.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-3746" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2017/09/yeti1-1024x569.jpg" alt="yeti" width="1024" height="569" /></a>Le point commun entre Tchang, Tintin et Jean-Louis Maurette ? Le yéti. Pour la quatrième fois depuis 2013, ce Quimperlois de 58 ans va partir sur les traces de l’homme sauvage. Jean-Louis y croit à fond : l’homme sauvage, aussi appelé almasty, sasquatch ou bigfoot selon les contrées, existe bel et bien.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>« Je me passionne pour la cryptozoologie</em> (l’étude des animaux inconnus de la science, ndlr) <em>depuis que je suis ado. Et je suis persuadé qu’un type d’hominidé caché, sans doute descendant des hommes de Denisova</em> (espèce éteinte du genre Homo, ndlr)<em>, vit quelque part sur la planète. À quoi ressemblerait-il ? L’apparence d’un être humain, entre 1 m 70 et 2 m 20, nu, recouvert de poils, des yeux bridés et des pommettes hautes. »</em></p>
<p style="text-align: justify;">Après le sud-ouest de l’Altaï russe et le Caucase (<em>« le berceau de l’almasty, nous y avons recueilli beaucoup de témoignages de villageois »</em>) c’est au Kazakhstan, à la frontière entre le Kirghizistan et la Chine, que Jean-Louis va s’envoler en septembre.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>« Je vais d’abord essayer de rencontrer des habitants qui affirment l’avoir vu. Puis, j’irai crapahuter sur le terrain à la recherche d’indices,</em> expose l’aventurier qui y met toutes ses économies. <em>Mon matériel est en revanche sommaire : je dois me contenter d’un simple appareil photo et d’une paire de jumelles, alors qu’il me faudrait une caméra thermique et des pièges photos. »</em></p>
<p style="text-align: justify;">S’il n’a pas encore débusqué le yéti, il affirme en revanche avoir observé une de ses possibles empreintes dans le Caucase. <em>« Celle d’un pied de 47 cm au niveau d’un cours d’eau. Dans cette zone, personne ne marche pieds nus. Alors, à part un almasty, je ne vois pas qui… »</em></p>
<h4 style="text-align: center;">&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;-</h4>
<h4 style="text-align: justify;"><strong>&laquo;&nbsp;Je vis avec un sanglier&nbsp;&raquo;</strong></h4>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2017/09/sanglier.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-3738" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2017/09/sanglier.jpg" alt="sanglier" width="960" height="720" /></a><em>« Viens par ici que je te gratte&#8230; Ouh t’aimes ça les gratouilles hein ! Ouhhh oui ! »</em> La scène a de quoi surprendre. Malgré ses 180 kilos, son poil dru et son air balourd, Obélix se fait caresser comme n’importe quel animal de compagnie. C’est pourtant bien un sanglier que Brigitte Lavoine papouille comme si de rien n’était.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>« Treize ans après l’avoir trouvé au fond de mon jardin, c’est toujours mon bébé</em>, confie la retraitée, installée à Bolazec, près de Morlaix.<em> Je l’ai recueilli à sa naissance. Il pesait 800 grammes. Sa mère ayant été tuée, il n’aurait pas survécu dans la nature. J’ai donc décidé de le garder. »</em></p>
<p style="text-align: justify;">OK, mais c’est quand même un sanglier quoi. <em>« Il faut savoir que c’est une bête qui se domestique facilement. Une fois apprivoisée, elle ne retourne pas à l’état sauvage. Je n’avais donc pas de réticences à la garder. Il fallait juste que j’obtienne l’autorisation de la préfecture car il s’agit d’une espèce sauvage. »</em></p>
<p style="text-align: justify;">Après l’avoir nourri au lait maternisé pour cochons pendant les premières semaines, Brigitte lui cuisine désormais ses menus. <em>« Pâtes, légumes, viande, œufs… Le sanglier est un animal omnivore, mais le mien est du genre capricieux : si je ne fais pas cuire les pommes avec du sucre, il ne les mange pas,</em> explique la sexagénaire qui laisse Obélix naviguer dans la maison où il a libre accès. <em>Il ne fait pas trop de bêtises. Honnêtement, c’est beaucoup plus discret qu’un chien : ça n’aboie jamais. »</em></p>
<p style="text-align: justify;">
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://bikinimag.fr/?feed=rss2&#038;p=3736</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>&#171;&#160;Les îles sont des laboratoires&#160;&#187;</title>
		<link>https://bikinimag.fr/?p=3569</link>
		<comments>https://bikinimag.fr/?p=3569#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 30 Sep 2016 07:53:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bikini</dc:creator>
				<category><![CDATA[Papier]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://bikinimag.fr/?p=3569</guid>
		<description><![CDATA[Yann Tiersen cultive un rapport fort avec Ouessant. De ses souvenirs d’enfance à son installation il y a quelques années : le musicien nous confie les raisons de sa vie insulaire. Comment a commencé ton histoire avec Ouessant ? Ça a démarré quand j’étais gamin. Mon père est mort quand j’étais super jeune, j’avais sept ans. Mes parents ont vécu à Brest, où je suis né, et mes quasi seuls souvenirs que j’ai de mon père, c’est Ouessant. On n’avait pourtant pas d’attaches là-bas mais on y allait régulièrement. Cette île est alors devenue un moyen pour me rappeler mon père. Ado, j’y retournais très souvent. Et aujourd’hui, tu y habites… En 1996, j’y ai composé l’album Le Phare. J’avais loué une maison pendant un mois. Ca s’est super bien passé : j’arrivais à travailler facilement, les choses se faisaient avec naturel. Je m’y sentais bien, inconsciemment sans doute. J’y suis revenu quelques années plus tard pour la composition du disque Les Retrouvailles. Et lors de ce séjour, j’ai rencontré plein de gens, fait la connaissance de Ouessantins. Je m’y suis un peu trouvé une famille. Depuis, je n’ai plus bougé. &#171;&#160;L&#8217;Islande, c&#8217;est Ouessant avec Brest au milieu&#160;&#187; En tout, tu [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/09/Yann-Tiersen-credit-Gaelle-Evellin-v2.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-3570" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/09/Yann-Tiersen-credit-Gaelle-Evellin-v2.jpg" alt="yann-tiersen-credit-gaelle-evellin-v2" width="1024" height="1024" /></a><strong><span style="color: #ff0000;">Yann Tiersen cultive un rapport fort avec Ouessant. De ses souvenirs d’enfance à son installation il y a quelques années : le musicien nous confie les raisons de sa vie insulaire.</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Comment a commencé ton histoire avec Ouessant ?</strong><br />
Ça a démarré quand j’étais gamin. Mon père est mort quand j’étais super jeune, j’avais sept ans. Mes parents ont vécu à Brest, où je suis né, et mes quasi seuls souvenirs que j’ai de mon père, c’est Ouessant. On n’avait pourtant pas d’attaches là-bas mais on y allait régulièrement. Cette île est alors devenue un moyen pour me rappeler mon père. Ado, j’y retournais très souvent.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Et aujourd’hui, tu y habites…</strong><br />
En 1996, j’y ai composé l’album <em>Le Phare</em>. J’avais loué une maison pendant un mois. Ca s’est super bien passé : j’arrivais à travailler facilement, les choses se faisaient avec naturel. Je m’y sentais bien, inconsciemment sans doute. J’y suis revenu quelques années plus tard pour la composition du disque <em>Les Retrouvailles</em>. Et lors de ce séjour, j’ai rencontré plein de gens, fait la connaissance de Ouessantins. Je m’y suis un peu trouvé une famille. Depuis, je n’ai plus bougé.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #ff0000;">&laquo;&nbsp;L&#8217;Islande, c&#8217;est Ouessant avec Brest au milieu&nbsp;&raquo;</span></h3>
<p style="text-align: justify;"><strong>En tout, tu as composé combien d’albums à Ouessant ?</strong><br />
Depuis <em>Les Retrouvailles</em>, tous. Une partie d’<em>Infinity</em> (<em>son dernier album sorti en 2014, ndlr</em>) a été composée aussi en Islande. Pas un hasard qu’il ait été commencé là-bas. Je sortais d’une grosse tournée. Australie, USA… avant de finir par une date à Barcelone. Pour ce retour en Europe, on avait fait une pause de cinq jours en Islande. J’avais le sentiment de rentrer à la maison. L’Islande, c’est Ouessant avec Brest au milieu. C’était génial.</p>
<p><iframe width="620" height="349" src="https://www.youtube.com/embed/KwwwWz6Ef3I" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Fin 2015, tu as sorti la vidéo de <em>Porz Goret</em>, tournée à Ouessant. Un morceau issu de <em>Eusa</em>, un livre de partitions que tu as écrites…</strong><br />
Pour <em>Eusa</em> (<em>Ouessant en breton, ndlr</em>), j’ai écrit dix morceaux pour piano. L’idée, c’était de faire une sorte de carte. Chaque titre fait référence à un coin de l’île : Penn ar Roc’h, Kadoran, Yuzin… Tous ces lieux vont d’ailleurs constituer la base de mon prochain album (<em>dont la sortie est programmé le 30 septembre 2016, ndlr</em>) . J’y ai fait des enregistrements : le bruit de la mer, le vent… Des sons que je vais trafiquer pour qu’ils génèrent des mélodies, des suites d’accords… Je les jouerai ensuite au piano et les enregistrerai en pleine nature dans un autre pays. Avec cette envie de faire voyager cette racine ouessantine et de la mettre en parallèle avec un autre lieu.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Tu as toujours eu une attirance pour les îles ?</strong><br />
Je ne sais pas trop… Je pense que c’est surtout le fruit de mon histoire. J’ai déjà essayé de poser mes valises ailleurs mais ça n’a pas marché. Et puis, ça correspond à mon mode de vie. Ça calque finalement assez bien avec l’histoire de Ouessant : j’ai un peu une vie de marin de commerce. La vie de tournée, partir longtemps avant de rentrer chez soi, ça s’en rapproche.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #ff0000;">&laquo;&nbsp;Tout sauf des lieux où on est isolé&nbsp;&raquo;</span></h3>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vivre sur une île, c’est facile ?</strong><br />
Ça dépend de chacun. On pourrait se croire seul au monde mais, au contraire, on s’y sent très entouré. Pour moi, ce sont tout sauf des lieux où on est isolé. Il y a une grosse solidarité entre les gens. On vit dans une époque où c’est important de connaître son voisin. Et les îles constituent en ce sens des laboratoires. Tout y est possible. La société est si compliquée de nos jours, les choses sont tellement dures à mettre en marche pour tout et n’importe quoi… Sur une île, grâce à cette proximité entre les gens, les choses peuvent se faire plus simplement, plus directement. Il faudrait s’en inspirer.</p>
<p><iframe width="620" height="349" src="https://www.youtube.com/embed/ZaLRkfE1Scc" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Tu connais bien les Monts d’Arrée pour y avoir passé une partie de ta jeunesse. Quelles similitudes vois-tu entre le centre-Bretagne et les îles ?</strong><br />
Les Monts d’Arrée, ça remonte à mon enfance. On avait une maison à Plounéour-Ménez, dans le Finistère. On y allait tous les week-ends avec ma mère. J’étais seul, souvent dans la nature, mais ça m’a vachement construit. Avec Ouessant, c’est l’un des endroits les plus beaux dans la région. Ce sont des lieux durs mais pleins de vie. J’ai tendance à voir les Monts d’Arrée comme un endroit hyper dynamique en Bretagne. Un peu comme Détroit aux États-Unis (sourire). Il y a eu tellement de désertification, d’exode rural et de malheurs dans le centre-Bretagne que du coup les prix ne sont pas chers. Et aujourd’hui, on voit des gens qui n’ont pas trop de fric – des jeunes notamment – venir s’y installer. Il se passe alors à nouveau des trucs. À Ouessant, il pourrait y avoir le même phénomène mais le gros problème des îles, c’est le tourisme. Je ne crache pas dans la soupe mais cela a des répercussions. Les prix flambent à cause des résidences secondaires. Le tourisme, s’il est positif sur de nombreux aspects, peut être perçu comme une balle dans le pied. C’est un problème insoluble. Tu ne peux pas empêcher les gens de vendre cher leur maison sur l’île. Et tu ne peux malheureusement pas y faire des opérations comme dans certains villages où le prix du m2 est à 1 €. À la différence du centre-Bretagne, c’est du coup très compliqué pour les jeunes de s’installer sur une île.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La question de la jeunesse insulaire, tu y travailles désormais avec ton projet de centre culturel L’Escale. Comment tu t’es embarqué là-dedans ?</strong><br />
Comme ma maison est à Ouessant, je voulais trouver un lieu sur l’île pour installer mon studio. Je suis alors tombé sur L’Escale, une ancienne discothèque qui était à l’abandon depuis 1998. Ça me semblait l’endroit idéal. J’ai donc sauté le pas et l’ai rachetée. Un studio c’est bien, mais ça a ouvert la porte à d’autres choses : faire des salles de répétition pour les musiciens de l’île, mettre du matériel à disposition, organiser des concerts à l’année&#8230; Le mot qui se rapproche le plus, c’est MJC. Je sais que ce n’est pas super vendeur comme terme mais ça résume bien l’idée que je me fais de ce projet. On est encore au stade des travaux mais j’espère une ouverture l’an prochain. Si des jeunes de l’île souhaitent monter un groupe, il y aura désormais un lieu et des outils pour ceux qui veulent être aidés. Ce sera ensuite à eux d’inventer ce qu’on y fera.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Recueilli par</strong><br />
<strong>Julien Marchand<br />
Photo : Gaëlle Evellin &#8211; Mute<br />
</strong>Paru dans <a href="http://bikinimag.fr/?p=3399">BIKINI #26</a><strong><br />
</strong></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://bikinimag.fr/?feed=rss2&#038;p=3569</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>À la recherche des bistrots perdus</title>
		<link>https://bikinimag.fr/?p=3542</link>
		<comments>https://bikinimag.fr/?p=3542#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 26 Sep 2016 12:16:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bikini</dc:creator>
				<category><![CDATA[Papier]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://bikinimag.fr/?p=3542</guid>
		<description><![CDATA[RUSTIQUES, OLD SCHOOL, HORS DU TEMPS&#8230; NOUS SOMMES PARTIS À LA RECHERCHE DE CAFÉS COMME ON N&#8217;EN FAIT PLUS. &#171;&#160;RADE TRIP&#160;&#187; DANS UN MONDE EN VOIE DE DISPARITION. Il existe des lieux que les initiés se partagent secrètement. Des adresses qu’on se refile sous le manteau, qu’on dévoile uniquement aux personnes de confiance, aux amis de toujours et à ceux de demain. Tels des coins à champignons ou des spots à Pokémons, une catégorie de bistrots fait partie de ces endroits d’exception : les vieux bars de campagne. Des établissements comme on n’en fait plus, toujours dans leur jus, où rien ne semble avoir bougé depuis la mort de René Coty (« Un grand homme, il marquera l’Histoire »). Des rades hors du temps, loin des modes, des tendances, où on ne sert ni mojito ni latte macchiato. Prenons Le Tue Mouches, à Plurien dans les Côtes d’Armor. Situé face à l’église de ce bourg de 1 430 habitants, ce bar à la façade en pierres de taille s’est imposé au fil de son histoire comme une étape obligatoire pour tous les amateurs de troquets authentiques. Nous y avons mis les pieds un mardi matin, à la découverte de Pierrette, la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/09/bar-ouv.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-3556" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/09/bar-ouv-1024x683.jpg" alt="bar-ouv" width="1024" height="683" /></a><span style="color: #ff0000;"><strong>RUSTIQUES, OLD SCHOOL, HORS DU TEMPS&#8230; NOUS SOMMES PARTIS À LA RECHERCHE DE CAFÉS COMME ON N&#8217;EN FAIT PLUS. &laquo;&nbsp;RADE TRIP&nbsp;&raquo; DANS UN MONDE EN VOIE DE DISPARITION.</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Il existe des lieux que les initiés se partagent secrètement. Des adresses qu’on se refile sous le manteau, qu’on dévoile uniquement aux personnes de confiance, aux amis de toujours et à ceux de demain. Tels des coins à champignons ou des spots à Pokémons, une catégorie de bistrots fait partie de ces endroits d’exception : les vieux bars de campagne. Des établissements comme on n’en fait plus, toujours dans leur jus, où rien ne semble avoir bougé depuis la mort de René Coty (<em>« Un grand homme, il marquera l’Histoire »</em>). Des rades hors du temps, loin des modes, des tendances, où on ne sert ni mojito ni latte macchiato.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/09/bar-1.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-3543" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/09/bar-1-1024x677.jpg" alt="bar-1" width="1024" height="677" /></a>Prenons Le Tue Mouches, à Plurien dans les Côtes d’Armor. Situé face à l’église de ce bourg de 1 430 habitants, ce bar à la façade en pierres de taille s’est imposé au fil de son histoire comme une étape obligatoire pour tous les amateurs de troquets authentiques. Nous y avons mis les pieds un mardi matin, à la découverte de Pierrette, la volubile patronne. Une “gueule” et une gouaille qui méritent pleinement de faire un crochet depuis la RN12. <em>« Salut les gars ! Alors, qu’est-ce que je vous sers ? »</em>, nous lance-t-elle à peine entrés comme si nous étions des habitués.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #ff0000;">&laquo;&nbsp;Du cidre dans ses analyses d&#8217;urine&nbsp;&raquo;</span></h3>
<p style="text-align: justify;">Ici, tout le monde semble se connaître : ça se marre, ça demande des nouvelles de la famille, ça raconte des conneries (<em>« mon fils s’est amusé à mettre du cidre dans ses analyses d’urine, forcément ça s’est vu »</em>, raconte le plus sérieusement du monde une cliente), les gens à table discutent avec ceux postés au comptoir et, au milieu, Pierrette, 62 ans, garante de la bonne ambiance et de la tenue des discussions.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/09/bar-2.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-3544" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/09/bar-2-1024x683.jpg" alt="bar-2" width="1024" height="683" /></a><em>« Le bar a été créé par mon arrière-grand-mère. C’est la vie qui a fait que je l’ai repris. Je suis née ici. Déjà toute petite, je servais les clients… »</em>, raconte celle qui depuis 1981 dirige l’établissement avec sa sœur Isabelle et son frère Guy. Si Pierrette trône derrière son comptoir en bois, ces deux derniers officient à la boucherie-charcuterie, séparée par une simple porte battante et dont les clients usent pour passer d’une pièce à l’autre avec du saucisson ou de l’andouille à l’heure de l’apéro.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #ff0000;">&laquo;&nbsp;Les touristes repartent avec des bouteilles&nbsp;&raquo;</span></h3>
<p style="text-align: justify;">Un moment de la journée qui a fait la renommée de Pierrette, grâce à un cocktail dont elle seule a la secret et qui donnera d’ailleurs son nom au bar : Le Tue Mouches. <em>« C’est une recette qui a été inventée par un gars du Nord. Tout ce que je peux dire, c’est qu’il y a sept choses dedans, dont six alcools. »</em> Dans ce breuvage de couleur noire, on y devine une note de Picon, une autre de muscadet. Pierrette opine de la tête mais n’en dira pas plus, alors qu’on en commande un deuxième dans la foulée (il est taquin, on s’y fait vite).</p>
<p style="text-align: justify;"><em>« Chaque été, j’ai des touristes de passage qui le découvrent et repartent avec plusieurs bouteilles : Belgique, Ukraine… »</em> Rencontré au Tue Mouches, Stéphane, un guide touristique local, prévoit d’ailleurs de faire du bar l’une des étapes de son circuit. <em>« Pierrette est un personnage de la commune : ça me semblait difficile de ne pas passer la voir. Et puis ce genre de café, c’est à la fois authentique et insolite. On ne voit pas ça tous les jours. »</em> On confirme.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/09/bar-9.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-3548" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/09/bar-9-1024x683.jpg" alt="bar-9" width="1024" height="683" /></a>À quelques kilomètres de là, à Planguenoual, un troquet fait lui aussi partie de ces établissements uniques. Tenu par Armelle Bourdais, une petite dame de 83 ans dépassant à peine du comptoir, ce café-épicerie <em>« ouvert tous les jours, même Noël »</em> appartient au patrimoine vivant de la commune.</p>
<p style="text-align: justify;">Des tasses Arcopal aux motifs fleuris à la devanture signée des vins Père Benoît : une déco coincée à l’époque des Côtes-du-Nord, mais toujours plus jolie que celle d’un Starbucks. Si la clientèle se fait de plus en plus maigre, Armelle compte tenir la boutique le plus tard possible. Et ainsi continuer à faire vivre la maison ouverte par sa grand-mère. <em>« Je ne me vois pas encore arrêter, c’est devenu une habitude. Je préfère voir quelques clients par jour que de rester toute seule à la maison. »</em></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/09/bar-10.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-3549" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/09/bar-10-1024x683.jpg" alt="bar-10" width="1024" height="683" /></a>Un discours également tenu par Simone Cloarec, Trégorroise de 87 ans et doyenne des bistrotières bretonnes. C’est au Dresnay, un lieu-dit dans la cambrousse de Loguivy-Plougras, que cette dame habillée d’une blouse nous a reçus alors qu’elle venait de fermer les volets.</p>
<p style="text-align: justify;">Installé au rez-de-chaussée d’une vieille maison de ferme, ce bar est du genre rudimentaire : pas de comptoir mais un bout de table, pas de chaise (seul un banc et deux tabourets sont disposés), pas de tireuse à bière mais des Kro à température ambiante, pas de machine à expresso mais une simple cafetière. On a vraiment l’impression d’aller boire un coup chez sa mamie, surtout quand elle ouvre sa boîte à biscuits et nous offre des crêpes enveloppées d’une feuille de Sopalin.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/09/bar-7.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-3546" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/09/bar-7-1024x683.jpg" alt="bar-7" width="1024" height="683" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/09/bar-6.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-3545" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/09/bar-6-1024x683.jpg" alt="bar-6" width="1024" height="683" /></a><em>« Le moderne est venu trop vite, répond-elle d’emblée quand on la questionne sur le look rustique de son bar. Si certains curieux aiment s’arrêter ici, c’est parce que c’est vieux et que ça ne ressemble pas aux bars de ville. »</em> Sans enfant, Simone sait que son bistrot s’arrêtera avec elle. Idem pour Armelle à Planguenoual :<em> « J’ai deux petits-enfants mais aucun des deux ne compte reprendre le bar. Ils ne pourraient pas en vivre de toute façon. »<br />
</em><br />
Des petits bars ruraux qui font figure d’espèces en voie de disparition. En Bretagne, 3 500 débits de boisson ont baissé le rideau en même pas 30 ans. Sur les 7 000 troquets qui existaient en 1987, il en restait à peine la moitié en 2014, lors du dernier décompte de l’Insee. <em>« Il y a une vraie urgence à témoigner car c’est un monde qui disparaît sous nos yeux,</em> s’inquiète Pascal Le Liboux, auteur de deux tomes de <em>Bistrot Breizh</em>, un récit de voyage des rades de campagne.<em> C’est un musée encore vivant, mais plus pour longtemps. »</em></p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #ff0000;">&laquo;&nbsp;Plus qu&#8217;un métier, un mode de vie&nbsp;&raquo;</span></h3>
<p style="text-align: justify;">Sylvain Bertrand, qui y est aussi allé de son road book intitulé Bistrots, rades et comptoirs, récit d’un tour de Bretagne, reconnaît la subtilité d’une telle recherche aujourd’hui. <em>« Ce patrimoine est rare et pas toujours perçu comme quelque chose de précieux par les riverains. Durant notre expédition, on nous dirigeait parfois vers des PMU sans âme en oubliant de nous indiquer les quelques trésors d’authenticité qui perdurent mais qui sont tellement loin des circuits touristiques, voire des lieux de vie tout court. »<br />
</em><br />
Un constat également partagé par le photographe Gilles Pouliquen, co-auteur avec le journaliste Gérard Alle de l’ouvrage Commerces de campagne paru en 2002. <em>« C’est un monde révolu. La majorité des rades présents dans le bouquin ont depuis disparu. Il s’agissait de bistrots généralement tenus par des vieilles dames qui, à mon avis, ne gagnaient pas d’argent avec. Plus qu’un métier pour elles, c’était un mode de vie. Elles le faisaient car elles n’avaient fait que ça toute leur existence. Toutes avaient conscience de faire partie des dernières résistantes, elles savaient que c’était la fin d’une époque. »</em></p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #ff0000;">&laquo;&nbsp;Boire, ce n&#8217;était pas juste une question d&#8217;alcool&nbsp;&raquo;</span></h3>
<p style="text-align: justify;">L’implacable diminution du nombre de ces rades à l’ancienne va aussi de pair avec la désertification rurale, en centre-Bretagne notamment. Les contrôles biniou n’ont pas non plus arrangé les choses. Les modes de consommation ont également pas mal changé.<em> « La culture bistrot se meurt</em>, regrette Jean-Pierre Provost, patron du Ty Anna, à Plouyé, pas loin de Carhaix. <em>Aujourd’hui, les gens préfèrent rester chez eux. Et les jeunes boivent dehors. Ce n’était pas le cas il y a vingt ou trente ans : cela se faisait au bar. C’était une autre philosophie. Tu apprenais avec les anciens. Boire, ce n’était pas juste une question d’alcool. »</em></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/09/bar-13.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-3552" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/09/bar-13-1024x683.jpg" alt="bar-13" width="1024" height="683" /></a>À la tête de ce café depuis 1992, anciennement tenu par sa mère et ses grands-parents, ce garçon de 58 ans aux (derniers) cheveux longs est aujourd’hui l’unique commerçant sur la place centrale du village. <em>« Dans les années 80, y avait neuf bistrots dans le bourg. On comptait même une discothèque ! Aujourd’hui, ça n’a plus rien à voir. »<br />
</em><br />
Dernier véritable lieu de proximité dans la commune, le Ty Anna fait aussi épicerie.<em> « C’est surtout du dépannage : une bouteille d’huile, un paquet de chips, un pot de confiture, du pain… »</em> Ce que passeront acheter quelques clients durant ces quelques heures passées là-bas, alors qu’une poignée d’hommes squattent le comptoir le temps d’un demi ou d’une tasse de café (soluble).</p>
<p style="text-align: justify;">Le tout dans un décor que vous avez peu de chance de retrouver à Maisons du Monde : photos de clients qui tapissent le moindre bout de tapisserie, poster grandeur nature de Renaud (époque cheveux longs, perfecto et bandana rouge), autocollants bretonnants et quelques affiches collector comme celle d’un festival de folk irlandais datant de 1978. <em>« Ça plaît ou ça plaît pas mais j’aime ce que dégage mon bar. Il y a du vécu. Je dirais pas qu’il a une âme car ça fait un peu curaille, mais c’est l’idée. »</em></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/09/bar-11.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-3550" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/09/bar-11-1024x683.jpg" alt="bar-11" width="1024" height="683" /></a>De quoi ravir le photographe Gilles Pouliquen : <em>« J’aime les bistrots qui n’obéissent à aucune mode. Quand on voit les chaînes de café qui se ressemblent toutes qu’on habite à Brest, Paris ou Marseille, ça me désole. Cette uniformisation me glace. Sans parler de leur esthétique abominable : du faux bois, du faux cuir, du plaqué… Ce sont des lieux neutres. »<br />
</em><br />
Comme à Plouyé, un café subsiste vaille que vaille à Maël-Pestivien, commune du pays de Callac d’à peine  500 habitants. Un troquet qui a la particularité de faire aussi… garage. Chez les Simon, Camille répare voitures et tracteurs tandis que sa femme Yolande est au comptoir.<em> « C’est le dernier commerce du village</em>, annonce cette sexagénaire, ancienne institutrice à Guingamp, venue il y a quelques années succéder à sa belle-mère au café. C<em>’était un bistrot-forge aux origines, la mécanisation l’a transformé en café-garage il y a 56 ans. Le bar est resté en l’état, on a seulement changé le zinc qui se dégradait. L’activité bar n’est bien sûr pas viable mais j’aime bavarder et me dire que c’est important qu’on maintienne l’activité tant qu’on peut la garder. »</em></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/09/bar-16.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-3554" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/09/bar-16-1024x683.jpg" alt="bar-16" width="1024" height="683" /></a>Ici, on vient rigoler en breton autour d’un verre de rouge ou d’une Amstel, et accessoirement remplir le réservoir du Massey Ferguson. La déco ? Des photos jaunies de moto-cross, un ruban attrape-mouches, un panneau en liège où des post-its servent d’ardoises (<em>« Jacky 3,20 », « Suzie 20 », « Philippe 2,20 + 2,20 + 2,20 +7 »</em>…) : hé ouais, à la campagne, la maison continue de faire crédit. Chaque jour, Yolande dénombre « une trentaine de clients » de l’ouverture à 7 h 15 jusqu’à ce qu’il n’y ait plus personne à servir, <em>« parfois 19 h, parfois 23 h s’il le faut ».<br />
</em><br />
Même quand le dernier client de la journée prend tout son temps pour déguster sa bière, pas question de le presser dans ces lieux d’un autre espace-temps.<em> « Ce sont des endroits où il peut parfois ne rien se passer mais c’est toute la force poétique du truc</em>, philosophe Sylvain Bouttet, auteur il y a quelques années de <em>Café Bouillu</em>, un documentaire sur le sujet en forme de road-trip XXL (<em>« 15 000 bornes en six mois, presque exclusivement dans le 22 »</em>). <em>Pour certains clients, ce sont des lieux de retraite : s’assoir dans la pénombre, seul, au frais, à siroter pendant des heures un bock tiède. »</em></p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #ff0000;">&laquo;&nbsp;Une parenthèse dans le quotidien&nbsp;&raquo;</span></h3>
<p style="text-align: justify;">Une démarche quasi spirituelle, remplacée par de la convivialité dès qu’un autre client débarque.<em> « Les vieux cafés sont des lieux où on peut rencontrer toutes sortes de gens, à la différence des bistrots culturels qui se développent à la campagne, type bar-librairie,</em> observe Gilles Pouliquen.<em> Dans les troquets à l’ancienne, on peut y rencontrer un ouvrier, un paysan, un étudiant, un prof… Tous conversent ensemble autour du bar. »</em></p>
<p style="text-align: justify;">Son collègue Gérard Alle poursuit : <em>« C’est une parenthèse dans le quotidien, entre le boulot, les gosses à aller chercher à l’école et les courses au supermarché. On entend constamment les gens dire qu’ils n’ont pas le temps. Là, c’est prendre le temps de vivre, de rencontrer, de causer… C’est devenu un luxe, alors que ça devrait être normal. Qu’est-ce que la vie si on ne s’offre pas ces parenthèses ? »<br />
</em><br />
Si ces joyeuses appartés se font de plus en rares au Ty Anna à Plouyé, reste les souvenirs. Ceux de la grande époque où le bar refaisait le monde, carburait à la Coreff jusque tard dans la nuit et accueillait les jeunes qui partaient en piste. <em>« J’ai en mémoire des soirées où c’était rempli du comptoir jusque là-bas</em>, indique Jean-Pierre en pointant du doigt le fond de sa boutique. <em>On a eu du beau monde ici : Gilles Servat, Alan Stivell, Glenmor, venus comme simples clients. Et même Youenn Gwernig</em> (poète breton, ndlr) <em>qui passait ses coups de fil ici parce qu’il n’avait pas de téléphone chez lui. »</em></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/09/bar-15.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-3553" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/09/bar-15-1024x683.jpg" alt="bar-15" width="1024" height="683" /></a>Une nostalgie que l’on retrouve également chez Bernard Nadotti, 62 ans, patron de l’estaminet La Pomme situé au Bois de la Roche, un hameau de la commune de Mauron dans le Morbihan. <em>« Les années 90, c’était les meilleures. Tôt le matin, on avait les jeunes qui rentraient de boîte. Après le déjeuner, des gens passaient prendre le digestif. Et, en fin de journée, on avait les clients de l’ancien camping naturiste, installé de l’autre côté de la route, qui venaient boire un coup. Habillés bien sûr ! »</em>, se marre cet ancien cuistot.</p>
<p style="text-align: justify;">Vingt ans plus tard, l’ambiance est moins funky (<em>« là il est 17 h, j’ai juste eu deux clients avant vous aujourd’hui »</em>) et les horaires du bar sont devenus variables (<em>« si j’ai besoin d’aller faire des courses ou si j’ai un rendez-vous, j’hésite pas à fermer »</em>).</p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #ff0000;">La premier concert français de Franz Ferdinand<br />
</span></h3>
<p style="text-align: justify;">Si la conjoncture n’est pas vraiment synonyme de teuf pour les rades de campagne, tous les établissements ne sont pas non plus moribonds. Certains bars ruraux ont su se réinventer en montant en gamme (via le label “Café de Pays” notamment) alors que d’autres campent sur leur position old school. Vieux et cool à la fois, comme un Jean Rochefort.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est le cas du Momo Club, toujours à Mauron. Un bar tout en lambri du centre-bourg, qui a eu droit à son petit moment de gloire (un article dans Les Inrocks !) en ayant été le théâtre du premier concert en France des Franz Ferdinand en 1997.<em> « En fait, ça s’appelait pas encore Franz Ferdinand à l’époque mais The Karelia »</em>, corrige le patron, Maurice Monvoisin.<br />
<a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/09/bar-17-renan-péron.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-3555" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/09/bar-17-renan-péron-1024x684.jpg" alt="bar-17-renan-peron" width="1024" height="684" /></a>Dans les nineties, le festival “Ils ne Mauron pas” flaire les bons groupes, principalement venus d’Écosse : Arab Strap, Mogwai et donc le jeune Alex Kapranos, marqué par l’atmosphère du Momo Club. À tel point que toute la bande de zicos, devenus des rock stars depuis, reviendra dans la commune pour un concert anniversaire. C’était en novembre dernier pour les besoins d’un docu sur Franz Ferdinand intitulé <em>Lost in France</em>.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>« J’étais à la porte. Une vraie émeute malgré le fait que c’était censé être un concert secret. Kapranos était content de revenir. Il a trinqué au whisky, qu’il a payé »</em>, raconte le patron, par ailleurs sacré en 2008 meilleur vendeur de bière Duvel dans toute la France. <em>« À 3 euros le verre, tu penses… J’en ai vendu jusqu’à 177 en un soir, les gens dormaient dehors après la fermeture. On avait aussi l’habitude des soirées Apéricubes : une pyramide de fromages, le premier qui la faisait tomber payait sa tournée. »</em></p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #ff0000;">&laquo;&nbsp;Mes premiers clients, c&#8217;était mes potes&nbsp;&raquo;</span></h3>
<p style="text-align: justify;">Si l’âge d’or est passé, Momo continue d’accueillir du monde.<em> « Des jeunes, des vieux, pour les soirées foot… Par contre je ne fais plus de concert. à 56 ans j’ai passé l’âge et j’apprécie de prendre du temps pour aller pêcher. »</em>  Pas vraiment le cas à La Fontaine. Niché au bord de la départementale D40, à Saint-Péran dans le 35, ce café organise un concert par semaine. Et ce, toute l’année, avec une préférence pour le métal et le punk. Du genre à détonner dans ce bourg de 382 habitants.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>« On a déjà eu Mass Hysteria, les Ramoneurs de Menhirs quatre fois… Des soirs avec 20 personnes, d’autres où c’est blindé, à plus de 150 dans le bar »</em>, s’amuse Patrick Gouevy, 52 ans aujourd’hui. Il en avait 28 quand il a acheté le bistrot à <em>« une dame qui était restée au comptoir de ses 18 à ses 78 ans sans jamais fermer. Elle faisait épicerie aussi, ça marchait bien »</em>.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/09/DSC_0557.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-3559" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/09/DSC_0557-1024x683.jpg" alt="dsc_0557" width="1024" height="683" /></a>Reprendre un bar à la campagne ? Un <em>« rêve d’enfant »</em> pour ce natif d’Iffendic, commune voisine du pays de Brocéliande. <em>« C’était celui-ci ou rien, un coup de cœur. J’avais pas de maison, je me suis dit que ça m’en fera toujours une. Mes premiers clients, c’étaient mes potes. »</em> L’épicerie cède sa place à une scène bricolée artisanalement. <em>« J’ai retapé un peu le bar aussi mais sinon c’est tout resté en l’état depuis 1992. »</em> Y compris les rangées de K7 démo envoyées par les groupes voulant se produire à La Fontaine.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>« Tiens, celle-là c’est celle de Caravage, le premier groupe de Gaëtan Roussel, avant Louise Attaque. »</em> Les groupes viennent souvent jouer sans cachet. <em>« Faut être un peu fou et passionné pour faire ça. Je parle de moi comme des musiciens d’ailleurs. Ils viennent contre la promesse d’une bonne soirée, d’un repas chaud et de bières. D’ailleurs en parlant de bière, vous en revoulez une ? »</em> Allez, banco.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Julien Marchand</strong><br />
<strong>et Régis Delanoë</strong><br />
<strong>Photos :</strong> Bikini et Renan Peron (Alex Kapranos au Momo Club)<br />
Paru dans <a href="http://bikinimag.fr/?p=3529" target="_blank">BIKINI#28</a></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://bikinimag.fr/?feed=rss2&#038;p=3542</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>On a été à Nuit Debout</title>
		<link>https://bikinimag.fr/?p=3415</link>
		<comments>https://bikinimag.fr/?p=3415#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 15 Apr 2016 08:48:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bikini</dc:creator>
				<category><![CDATA[Papier]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://bikinimag.fr/?p=3415</guid>
		<description><![CDATA[/// ACTU /// Lancé le 31 mars place de la République à Paris à l&#8217;issue de la manifestation contre le projet de loi de réforme du droit du travail, le mouvement Nuit Debout fait des émules en Bretagne. Depuis le 5 avril à Rennes et à Brest, ce nouveau rassemblement citoyen s&#8217;est aussi installé à Morlaix, Lorient, Saint-Brieuc, Quimper ou encore Redon. Nous sommes allés à la rencontre de ses participants. Laura, 21 ans, étudiante en informatique, Rennes Pourquoi t’es là ? Pour me dire que je suis pas toute seule à penser que cette société c’est de la merde. Il y a une envie de s’organiser pour créer quelque chose de nouveau. Tu fais quoi à Nuit Debout ? J’ai créé ma propre commission : art et créativité. J’ai fait des débats sur ce sujet ainsi que sur le féminisme, la sensibilité… J’ai appris aussi beaucoup de choses sur l’écologie. Qu’est-ce que tu recherches ici ? Des rencontres, participer à des actions… faire changer les choses. Est-ce que tu votes ? Oui mais uniquement pour les petits partis pour leur donner une possibilité de s’exprimer. Ils en pensent quoi tes parents ? Ma mère a un peu peur mais elle est plutôt contente…Elle [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #ff0000;">/// ACTU /// <span style="color: #000000;">Lancé le 31 mars place de la République à Paris à l&#8217;issue de la manifestation contre le projet de loi de réforme du droit du travail, le mouvement Nuit Debout fait des émules en Bretagne. Depuis le 5 avril à Rennes et à Brest, ce nouveau rassemblement citoyen s&#8217;est aussi installé à Morlaix, Lorient, Saint-Brieuc, Quimper ou encore Redon. Nous sommes allés à la rencontre de ses participants.</span></span></strong></p>
<p><a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/04/Laura-Rennes-1.jpg"><img class="size-large wp-image-3421 aligncenter" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/04/Laura-Rennes-1-1024x683.jpg" alt="Laura Rennes 1" width="1024" height="683" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #ff0000;">Laura, 21 ans, étudiante en informatique, Rennes</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pourquoi t</strong><strong>’es l</strong><strong>à ?<br />
</strong>Pour me dire que je suis pas toute seule à penser que cette société c’est de la merde. Il y a une envie de s’organiser pour créer quelque chose de nouveau.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Tu fais quoi </strong><strong>à Nuit Debout ?<br />
</strong>J’ai créé ma propre commission : art et créativité. J’ai fait des débats sur ce sujet ainsi que sur le féminisme, la sensibilité… J’ai appris aussi beaucoup de choses sur l’écologie.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Qu</strong><strong>’est-ce que tu recherches ici ?<br />
</strong>Des rencontres, participer à des actions… faire changer les choses.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Est-ce que tu votes ?<br />
</strong>Oui mais uniquement pour les petits partis pour leur donner une possibilité de s’exprimer.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Ils en pensent quoi tes parents ?<br />
</strong>Ma mère a un peu peur mais elle est plutôt contente…Elle était militante dans sa jeunesse.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>T</strong><strong>’as pas peur de louper tes partiels ?<br />
</strong>Non ça va. J’ai deux semaines de révisions. Cette semaine, je suis à fond dans Nuit Debout. La prochaine, à fond dans les exams.</p>
<p><a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/04/Thomas.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-3427" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/04/Thomas-1024x683.jpg" alt="Thomas" width="1024" height="683" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #ff0000;"><strong>Thomas, 32 ans, en reconversion professionnelle dans le commercial, Brest</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pourquoi t</strong><strong>’es l</strong><strong>à ?<br />
</strong>Pour mettre ma pierre à l’édifice pour faire masse. C’est la toute première fois que je participe à un truc comme ça dans ma vie.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Quel est le but de Nuit Debout ?<br />
</strong>Reprendre en main le cours de la société. Le système dans lequel on est dysfonctionne. Il y a des choses à mettre à plat et, selon moi, seuls les citoyens peuvent le faire.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Qu</strong><strong>’est-ce que tu aimes </strong><strong>à Nuit Debout ?<br />
</strong>Rencontrer des gens et créer du lien. Ici, on rencontre des personnes et on parle avec elles de sujets qu’on n’aborderait absolument pas si on les croisait dans la rue.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Qu</strong><strong>’est-ce que tu esp</strong><strong>ères du mouvement ?<br />
</strong>Qu’il va rassembler large : du chef d’entreprise au SDF, du jeune au vieux.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Nuit Debout en un mot ?<br />
</strong>Convergence.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/04/Victor-Rennes-1.jpg"><img class="size-large wp-image-3424 aligncenter" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/04/Victor-Rennes-1-1024x683.jpg" alt="" width="1024" height="683" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #ff0000;">Victor, 19 ans, futur étudiant en musicologie, Rennes</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pourquoi t</strong><strong>’es l</strong><strong>à ?<br />
</strong>Je suis contre la violence qu’on trouve dans les manifs contre le projet de loi El Khomri. S’il y a un endroit où quelque chose d’intéressant peut se passer, c’est ici, à Nuit Debout.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Ça fait combien de nuits que t</strong><strong>’es ici ?<br />
</strong>Je suis là depuis le début. Je suis crevé.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Qu</strong><strong>’est-ce que tu attends du mouvement ?<br />
</strong>Que ça éclaire l’esprit de certaines personnes. Qu’un nouveau réseau citoyen naisse.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>T</strong><strong>’as particip</strong><strong>é à des d</strong><strong>ébats ?<br />
</strong>J’aimerais. Mais je suis quelqu’un de très timide. Je regarde tout ça de loin pour le moment.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Nuit Debout en un mot ?<br />
</strong>Apéro…Non je rigole ! Je dirais « construction ».</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/04/Laurence-Morlaix-2.jpg"><img class="size-large wp-image-3422 aligncenter" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/04/Laurence-Morlaix-2-1024x683.jpg" alt="Laurence Morlaix 2" width="1024" height="683" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #ff0000;">Laurence, 53 ans, enseignante, Morlaix</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Ça fait combien de nuit que vous </strong><strong>êtes ici ?<br />
</strong>C’est la quatrième.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous </strong><strong>êtes venu seule ?<br />
</strong>Non. Je suis venue avec mon chien.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pourquoi vous </strong><strong>êtes l</strong><strong>à ?<br />
</strong>Je suis une militante associative et politique désabusée. La gauche au pouvoir n’a été qu’un échec. Mais quand on voit des partis comme Podemos en Espagne on se dit : pourquoi pas en France ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Concrètement, que faites-vous </strong><strong>à Nuit Debout ?<br />
</strong>On fait des ateliers d’éducation populaire. Les gens ont envie d’échanger, de s’informer, d’apprendre des choses. Le savoir ne vient pas que d’en haut.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Qu</strong><strong>’est-ce que vous pr</strong><strong>éf</strong><strong>érez ici ?<br />
</strong>Le fait qu’on peut se connecter avec des personnes qu’on ne rencontrerait jamais dans la vie de tous les jours.</p>
<p><a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/04/Benji.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-3428" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/04/Benji-1024x683.jpg" alt="Benji" width="1024" height="683" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #ff0000;">Benji, 22 ans, animateur, Brest</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Ça fait combien de nuits que t</strong><strong>’es ici?<br />
</strong>C’est ma neuvième nuit.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pourquoi t</strong><strong>’es venu ?<br />
</strong>Parce que je suis dans toutes les luttes sociales et égalitaires. Récemment j’étais à Calais, Notre-Dame-des-Landes ou encore j’ai protesté contre l’état d’urgence. Nuit Debout, c’était un peu la suite logique.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Qu</strong><strong>’est-ce que tu recherches ici ?<br />
</strong>À créer du lien social, faire des actions et sensibiliser les gens à la lutte.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Qu</strong><strong>’est-ce que tu aimes </strong><strong>à Nuit Debout ?<br />
</strong>Faire vivre l&#8217;espace public, la démocratie directe. On fait la loi ici. Pas en mode dictature hein, je veux dire qu&#8217;on est libre.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Tu fais quoi quand tu viens ici ?<br />
</strong>Aujourd’hui (<em>hier, ndlr</em>) par exemple, nous sommes allés dans les quartiers de Bellevue à Brest pour expliquer aux gens que le mouvement existe, qu’il n’est pas loin de chez eux et qu’ils y sont les bienvenus.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/04/Fanny-Rennes-1.jpg"><img class="size-large wp-image-3419 aligncenter" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/04/Fanny-Rennes-1-1024x683.jpg" alt="Fanny Rennes 1" width="1024" height="683" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #ff0000;">Fanny, 24 ans, sans emploi, Rennes</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Ça fait combien de nuits que t</strong><strong>’es ici ?<br />
</strong>C’est la première fois que je viens à Nuit Debout.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pourquoi t</strong><strong>’es venue ?<br />
</strong>J’aime bien cette idée de rassemblement populaire et de non-violence.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Qu</strong><strong>’est-ce que t</strong><strong>’as fait pour l</strong><strong>’instant ?<br />
</strong>Ce soir, j’ai écouté l’assemblée générale. Certains se plaignent et disent que rien ne se passe. C’est vrai qu’il y a une ambiance flottante. Les gens sont dispersés, font des débats entre eux. Tout semble désorganisé, c’est bizarre. Je ne sais pas où aller…</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Tu penses rester toute la nuit ?<br />
</strong>Je ne sais pas…Je dois participer à un débat sur les médias et la communication là…</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/04/Joffrey-Rennes-1.jpg"><img class="size-large wp-image-3420 aligncenter" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/04/Joffrey-Rennes-1-1024x683.jpg" alt="Joffrey Rennes 1" width="1024" height="683" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #ff0000;">Joffrey, 24 ans, sans emploi, Rennes</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>T</strong><strong>’es l</strong><strong>à depuis quand ?<br />
</strong>Depuis le début. Je voulais d’abord aller au rassemblement de Paris mais j’ai vu que le mouvement avait aussi pris à Rennes.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Tu fais quoi ici ?<br />
</strong>Je fais des comptes-rendus… On appelle ça la commission de mémoire. On veut garder tout ce qui se dit ici.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Qu</strong><strong>’est-ce que tu recherches ici ?<br />
</strong>Que les gens réfléchissent et que les solutions viennent d’eux et pas des autres. Le savoir appartient à tout le monde.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Tu votes ?<br />
</strong>Non. Je n’ai jamais voté de ma vie.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Tu restes vraiment toute la nuit ?<br />
</strong>Oui, jusqu’à 5 h du matin.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/04/Blaithin-Morlaix-2.jpg"><img class="size-large wp-image-3418 aligncenter" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/04/Blaithin-Morlaix-2-1024x683.jpg" alt="Blaithin Morlaix 2" width="1024" height="683" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #ff0000;"><strong>Blaithin, 52 ans, comédienne, Morlaix</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Ça fait combien de nuit que vous </strong><strong>êtes ici ?<br />
</strong>C’est la quatrième.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous recherchez quoi </strong><strong>à Nuit Debout ?<br />
</strong>À échanger sans compter le temps. Je veux laisser libre court à mes idées et trouver des modes d’action pour poursuivre la lutte contre les injustices.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous esp</strong><strong>érez quoi du mouvement ?<br />
</strong>J’espère qu’il va prendre de l’ampleur ici, en Bretagne, en France et même en Europe. Il faut qu’on se ligue contre le bloc économique et le système marchand qui nous étouffe.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Nuit Debout en un mot?<br />
</strong>Avenir.</p>
<p><a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/04/Matthias.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-3429" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/04/Matthias-1024x683.jpg" alt="Matthias" width="1024" height="683" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #ff0000;">Matthias, 26 ans, chômeur, Brest</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Ça fait combien de nuits que t</strong><strong>’es ici?<br />
</strong>Je viens tous les soirs depuis le début.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pourquoi t</strong><strong>’es venu ?<br />
</strong>Je ne me reconnais plus dans la société qui nous entoure.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pour toi, c</strong><strong>’est quoi le but de Nuit Debout ?<br />
</strong>Un des buts, à mon avis, est de réécrire la Constitution qui ne nous ressemble pas.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Est-ce que tu votes ?<br />
</strong>Je ne vote pas car le vote blanc n’est pas comptabilisé… Personnellement, ni la droite ni la gauche ne me plaisent. Mais le problème à mon avis ne vient pas seulement de la politique française… Celle-ci est soumise à l’économie internationale. Elle est là la source du problème.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Qu</strong><strong>’est-ce que tu esp</strong><strong>ères du mouvement ?<br />
</strong>Qu’il apprenne aux gens que, peu importe les divergences, on peut s’unir. J’espère qu’il perdurera et c’est pour ça que je suis là tous les soirs. C’est vraiment fatigant, mais quand je rentre chez moi le soir je n’ai pas l’impression d&#8217;avoir perdu mon temps.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Recueilli par Manon Le Roy Le Marrec</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://bikinimag.fr/?feed=rss2&#038;p=3415</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>&#171;&#160;J&#8217;ai ouvert le premier sex-shop de Bretagne&#160;&#187;</title>
		<link>https://bikinimag.fr/?p=3389</link>
		<comments>https://bikinimag.fr/?p=3389#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 11 Mar 2016 10:42:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bikini</dc:creator>
				<category><![CDATA[Papier]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://bikinimag.fr/?p=3389</guid>
		<description><![CDATA[IL Y A 40 ANS, YVES VAULÉE SE LANÇAIT DANS UN COMMERCE INÉDIT DANS LA RÉGION. À LORIENT, CET ANCIEN CUISTOT INAUGURAIT &#171;&#160;HARMONIE&#160;&#187;, LE TOUT PREMIER SEX-SHOP BRETON. UNE ÉPOQUE PROPICE, EN PLEIN ÂGE D&#8217;OR DU X FRANÇAIS. Flashback. Nous sommes en 1976. Valéry Giscard d’Estaing vient de fêter ses deux premières années à l’élysée, le Concorde effectue son premier vol commercial, Taxi Driver remporte la Palme d’or, Michel Platini honore sa première sélection chez les Bleus et Daddy Cool de Boney M tourne en boucle sur nos transistors. She’s crazy like a fool : je crois qu’on peut le dire, cette France des années 70 est assez dingue. Un pays qui bouge économiquement, socialement, mais aussi sexuellement : émancipation féminine, assouplissement des mœurs et libération des pratiques sexuelles. Dans la continuité des avancées portées par cette révolution des corps, un nouveau type de boutiques s’apprête à faire son apparition dans nos rues : les sex-shops. Après plusieurs décennies d’illégalité et de ventes déguisées (les fameux masseurs de joue des catalogues La Redoute), le contexte apparaît désormais favorable à l’éclosion de ces échoppes qui, depuis la fin des années 60, commencent à se développer à Paris et dans les grandes villes françaises [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/03/sex-shop-ouv.jpg"><img class="size-large wp-image-3390 aligncenter" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/03/sex-shop-ouv-1024x683.jpg" alt="sex-shop-ouv" width="1024" height="683" /></a><span style="color: #ff0000;"><strong>IL Y A 40 ANS, YVES VAULÉE SE LANÇAIT DANS UN COMMERCE INÉDIT DANS LA RÉGION. À LORIENT, CET ANCIEN CUISTOT INAUGURAIT &laquo;&nbsp;HARMONIE&nbsp;&raquo;, LE TOUT PREMIER SEX-SHOP BRETON. UNE ÉPOQUE PROPICE, EN PLEIN ÂGE D&#8217;OR DU X FRANÇAIS.</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Flashback. Nous sommes en 1976. Valéry Giscard d’Estaing vient de fêter ses deux premières années à l’élysée, le Concorde effectue son premier vol commercial, <em>Taxi Driver</em> remporte la Palme d’or, Michel Platini honore sa première sélection chez les Bleus et <em>Daddy Cool</em> de Boney M tourne en boucle sur nos transistors. <em>She’s crazy like a fool</em> : je crois qu’on peut le dire, cette France des années 70 est assez dingue. Un pays qui bouge économiquement, socialement, mais aussi sexuellement : émancipation féminine, assouplissement des mœurs et libération des pratiques sexuelles. Dans la continuité des avancées portées par cette révolution des corps, un nouveau type de boutiques s’apprête à faire son apparition dans nos rues : les sex-shops.</p>
<p style="text-align: justify;">Après plusieurs décennies d’illégalité et de ventes déguisées (les fameux masseurs de joue des catalogues La Redoute), le contexte apparaît désormais favorable à l’éclosion de ces échoppes qui, depuis la fin des années 60, commencent à se développer à Paris et dans les grandes villes françaises (<em>lire ci-dessous).</em></p>
<p style="text-align: justify;">En plein cœur de ces seventies bouillonnantes, la Bretagne va elle aussi sauter le pas. Tel le Pablo Escobar du néon rose clignotant, Yves Vaulée va inscrire son nom en tête du pan-théon des dealers bretons de godemichets. Une histoire qui a commencé presque par hasard.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #ff0000;">&laquo;&nbsp;<strong>Entre une cordonnerie et une quincaillerie »</strong></span></h3>
<p style="text-align: justify;"><em>« Dans les années 70, j’étais cuistot à Nantes. En revenant de l’armée, j’y avais atterri comme chef de cuisine dans une maison qui s’appelait Les Cadets de Gascogne. C’était un resto où on avait l’habitude d’accueillir des mecs du “milieu” qui venaient manger en pleine nuit et jouer au poker. »</em></p>
<p style="text-align: justify;">Dans cette troupe d’affreux jojos, se côtoient des anciens patrons de bordels officiellement rangés des voitures, des tenanciers d’établissements nocturnes, des petites mains… <em>« Un soir à 2 h du matin, le chef de la bande, un Corse, vient me voir dans ma cuisine et me demande combien je gagne. Je lui réponds et là il me dit avec son accent : ça te dirait pas de te faire des couilles en or ? Forcément, je dis oui. »</em></p>
<p style="text-align: justify;">Dès le lendemain, avec l’accord de son patron, lui aussi dans l’affaire, Yves se voit proposer de devenir le cinquième associé d’un nouveau sex-shop. La clique souhaite l’implanter en Bretagne, encore vierge de ces enseignes. <em>« Cela faisait quelques années qu’ils étaient dans ce business. Ils en avaient déjà à Bordeaux, Toulouse, Perpignan… Je ne savais pas ce que c’était mais, comme ça avait l’air de marcher, je me suis lancé. »</em></p>
<p style="text-align: justify;">Âgé de 39 ans, Yves décide donc de laisser tomber ses casseroles et implante la future affaire à Lorient. Un pas de porte est trouvé rue du Maréchal Foch, l’une des artères lorientaises les plus commerçantes à l’époque, <em>« chez un ancien photographe, entre une cordonnerie et une quincaillerie »</em>.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/03/sex-shop-1.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-3391" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/03/sex-shop-1-1024x657.jpg" alt="sex shop 1" width="1024" height="657" /></a>Baptisée Harmonie, la boutique ouvre en février 1976 et accueille les premiers curieux intrigués par le rideau à pompons en guise de porte d’entrée. <em>« C’était nouveau pour tout le monde. Il y avait donc une curiosité à venir voir ce que c’était »</em>, situe Yves qui, durant l’année l’ouverture, rachète les parts de ses associés pour devenir le seul propriétaire. Un investissement qu’il ne regrettera pas.</p>
<p style="text-align: justify;">S’il se fait une clientèle en proposant des produits et gadgets introuvables ailleurs (<em>« à Lorient, il n’y avait que chez moi qu’on pouvait acheter des poupées gonflables »</em>), c’est grâce aux films qu’il va véritablement gagner sa croûte, <em>« trois à quatre fois plus que lorsque j’étais cuisinier »</em>.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #ff0000;">La grande époque du X</span></strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Car en cette moitié des années 70, la France nage en plein âge d’or du X. Une époque révolue où les films érotiques étaient projetés dans des cinémas traditionnels, où <em>Emmanuelle</em> attirait près de neuf millions de spectateurs et où <em>Exhibition</em> de Jean-François Davy était sélectionné pour le Festival de Cannes. Un temps échu où le porno était perçu comme un symbole de liberté par ses protagonistes, autant capable de briser des tabous sociétaux que de proposer des œuvres artistiques aux scénarios les plus fous (comme dans <em>Le Sexe qui parle </em>où le vagin de Pénélope Lamour se met à lui faire la conversation).</p>
<p style="text-align: justify;">Jusqu’au vote de la loi X en décembre 75 qui fait de ces productions des films à part (TVA majorée, absence de subventions publiques&#8230;). Une régulation qui va avoir la peau des cinémas spécialisés (entre 1975 et 1981, leur nombre chute de 200 à 72), au profit des sex-shops qui récupèrent le filon. Dès son ouverture, Harmonie dispose donc d’une salle de projection de douze places. <em>« On avait un film à l’affiche par semaine. On le faisait tourner toute la journée. C’était 10 francs la séance. » </em>En complément, cinq cabines individuelles sont proposées. Ici, pas de longs-métrages mais des films en super 8. <em>« Là, je facturais au quart d’heure : 5 balles. Et c’était plein : à 1 h du matin, j’étais obligé de faire sortir les clients… »</em></p>
<h3 style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #ff0000;">Stock de cassettes pour les pêcheurs<br />
</span></strong></h3>
<p style="text-align: justify;">Avant que ne déboule le format VHS à la toute fin des années 70. La grande époque pour Yves qui fait tourner sa boutique 365 jours par an. <em>« Les cassettes étaient relativement chères, aux alentours de 300 francs </em>(environ 45 €, ndlr)<em>, mais on en vendait énormément. »</em> Le boss de l’Harmonie – renommée plus tard Love Love – peut alors compter sur une clientèle fidèle (<em>« les habitués passaient en moyenne une fois par semaine. Et certains sont restés jusque la fin, comme ce monsieur de 84 ans qui avait ses petites habitudes »</em>) et des commandes XXL (<em>« j’avais un patron pêcheur qui, plusieurs fois dans l’année, venait m’acheter un stock de cassettes. Quand il partait en mer pendant plus d’un mois, il fallait bien calmer ses gars à bord le soir&#8230; »</em>).</p>
<p style="text-align: justify;">Durant toutes ces années, Yves Vaulée verra des concurrents s’installer dans la région. Certains se casseront la gueule, d’autres résisteront, à l’image de l’Harmonie qui tiendra jusqu’en juillet 2013. <em>« Internet a changé la donne. L’arrivée de grandes surfaces comme les Dorcel Store ne nous a pas non plus fait du bien. Disons qu’après 37 années d’activités, c’était le moment d’arrêter »</em>, estime le bonhomme, aujourd’hui âgé de 78 ans, pour qui les heures des sex-shops à l’ancienne sont désormais comptées. <em>« D’ici quelques temps, je pense qu’il n’y en aura plus. Beaucoup ont déjà fermé. »</em> Le moment sera alors venu pour chacun de ressortir ses catalogues La Redoute.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Julien Marchand</strong><br />
Paru dans <a href="http://bikinimag.fr/?p=3339" target="_blank">BIKINI#26</a></p>
<h2><strong>« Sous le manteau »</strong></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong>Entretien avec Baptiste Coulmont, sociologue à l&#8217;Université de Paris 8 et auteur de l&#8217;ouvrage <em>Sex-shops, une histoire française</em>.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Avant l’ouverture des sex-shops, où pouvait-on se procurer des articles érotiques ou pornographiques ?</strong><br />
à partir des années 1920, il existe des librairies libertines qui, en plus des ouvrages, commercialisent quelques produits et gadgets. Il y a aussi beaucoup de ventes par correspondance, que ce soit par des vendeurs spécialisés (basés à l’étranger le plus souvent) ou par des entreprises comme La Redoute qui proposent des vibromasseurs en les camouflant sous d’autres noms. Ces articles étant considérés comme des outrages aux bonnes mœurs, il y a enfin du commerce clandestin de la part de particuliers, de kiosquiers et de boutiques de lingerie. La vente se fait alors sous le manteau.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Ces ventes clandestines durent-elles longtemps ?</strong><br />
À partir de 1972, on voit des décisions de justice qui concluent que ces objets ne posent pas de problème en eux-mêmes.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Comment sont nés les premiers sex-shops ?</strong><br />
À l’origine, il s’agit souvent de personnes qui tenaient des librairies érotiques. Elles se sont rendu compte que vendre des articles pornographiques était intéressant financièrement. Ça a aussi été le cas pour de nombreux vendeurs de souvenirs.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Quand on imagine les sex-shops de la première heure, on pense à des lieux ouverts, avec un public mixte. Est-ce une vision fantasmée ?</strong><br />
C’était le cas au tout début, avant que ces magasins n’installent des cabines de projection suite au vote de la loi X. à partir de ce moment-là, les sex-shops deviennent des lieux de consommation sexuelle et vont faire l’objet de nombreuses régulations : entrée interdite aux mineurs, vitrine opacifiée… Tout cela a transformé ces commerces en des boutiques telles qu’on les connaît aujourd’hui.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://bikinimag.fr/?feed=rss2&#038;p=3389</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Souviens-toi&#8230; le rock celtique</title>
		<link>https://bikinimag.fr/?p=3374</link>
		<comments>https://bikinimag.fr/?p=3374#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 04 Mar 2016 10:16:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bikini</dc:creator>
				<category><![CDATA[Papier]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://bikinimag.fr/?p=3374</guid>
		<description><![CDATA[MATMATAH, ARMENS, MERZHIN&#8230; INCONTOURNABLES À LA FIN DES ANNÉES 90, CES GROUPES ONT PARTICIPÉ AU RENOUVEAU DE LA VAGUE CELTE. UNE ÉTIQUETTE PARFOIS LOURDE À PORTER. Vieilles Charrues, dimanche 22 juillet 2001. Tous ceux qui ont assisté au concert de Matmatah en cet après-midi en gardent un souvenir ému. De mémoire de Carhaisien, jamais cela n’avait été autant la folie en plein jour sur Kerampuilh. Face à 70 000 festivaliers, les quatre Brestois enchaînent les morceaux dont chacun sonne alors comme un tube. Lambé an dro, Quelques sourires, Les Moutons, Emma… sans oublier L’Apologie qui fera sauter les spectateurs jusqu’au bar 8. Bordel, c’est vrai que c’était fou. Tout sauf une surprise. à cette époque, Matmatah est à l’apogée de sa popularité. Venu présenter son deuxième album Rebelote sorti quelques mois avant, le groupe surfe toujours sur le succès de La Ouache, arrivé trois ans plus tôt. Trois années durant lesquelles Stan, Sammy, Éric et Fanch auront (presque) tout connu : des concerts dans les rades jusqu’aux plus gros festivals, en passant par des ventes d’albums qui frôlent le million d’exemplaires (!). Mais nom dé diou, comment ces quatre garçons ont-ils fait pour devenir, à l’orée des années 2000, les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/03/Matmatah-ouv.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-3375" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/03/Matmatah-ouv-1024x736.jpg" alt="Matmatah-ouv" width="1024" height="736" /></a><strong><span style="color: #ff0000;">MATMATAH, ARMENS, MERZHIN&#8230; INCONTOURNABLES À LA FIN DES ANNÉES 90, CES GROUPES ONT PARTICIPÉ AU RENOUVEAU DE LA VAGUE CELTE. UNE ÉTIQUETTE PARFOIS LOURDE À PORTER.</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Vieilles Charrues, dimanche 22 juillet 2001. Tous ceux qui ont assisté au concert de Matmatah en cet après-midi en gardent un souvenir ému. De mémoire de Carhaisien, jamais cela n’avait été autant la folie en plein jour sur Kerampuilh. Face à 70 000 festivaliers, les quatre Brestois enchaînent les morceaux dont chacun sonne alors comme un tube. <em>Lambé an dro, Quelques sourires, Les Moutons, Emma</em>… sans oublier <em>L’Apologie</em> qui fera sauter les spectateurs jusqu’au bar 8. Bordel, c’est vrai que c’était fou.</p>
<p><iframe src="https://www.youtube.com/embed/w_4tjaB1kPE" width="610" height="343" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p style="text-align: justify;">Tout sauf une surprise. à cette époque, Matmatah est à l’apogée de sa popularité. Venu présenter son deuxième album <em>Rebelote</em> sorti quelques mois avant, le groupe surfe toujours sur le succès de <em>La Ouache</em>, arrivé trois ans plus tôt. Trois années durant lesquelles Stan, Sammy, Éric et Fanch auront (presque) tout connu : des concerts dans les rades jusqu’aux plus gros festivals, en passant par des ventes d’albums qui frôlent le million d’exemplaires (!). Mais nom dé diou, comment ces quatre garçons ont-ils fait pour devenir, à l’orée des années 2000, les chefs de file du rock breton ?</p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #ff0000;">« Les djembés, le fléau »</span></h3>
<p style="text-align: justify;">Retour en arrière, en 1994. étudiants à Brest, Sammy et Stan se retrouvent régulièrement dans l’appartement de ce dernier, situé dans le quartier de Lambézellec, pour répéter et composer. Les deux garçons se sont rencontrés deux ans auparavant dans un troquet et se sont vite rendu compte qu’ils partageaient les mêmes goûts musicaux. <em>« On se retrouvait sur les mêmes vieilleries : le rock des sixties et seventies, Beatles en tête. C’est ainsi qu’on a commencé à jouer des reprises dans des bistrots sous le nom “Tricards Twins”</em>, rembobine Stan. <em>Ce qui était bien, c’était pas forcément d’avoir deux guitares, c’était surtout d’avoir deux voix : quand tu chantes </em>Help <em>des Beatles par exemple, si t’as pas deux voix en canon, c’est tout de suite moins bien&#8230; Et puis, on s’est mis à écrire quelques conneries et à les enregistrer sur un vieux quatre pistes à cassette. Ça nous a surtout appris à structurer nos chansons. »</em></p>
<p style="text-align: justify;">Parmi celles-ci, l’une d’elles va vite sortir du lot : <em>Lambé</em>. Le riff est trouvé par Sammy un jour de vacances. à ses côtés, Stan accroche direct et commence à écrire des paroles. <em>« On sentait qu’il y avait un truc spécial autour de ce titre. »</em> Une première version est mise sur bandes, avec des djembés en intro (<em>« à l’époque, c’était la grande mode, pour ne pas dire le fléau »</em>).</p>
<p><iframe src="https://www.youtube.com/embed/vKb9G3XX4lw" width="610" height="343" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p style="text-align: justify;">Un morceau qui marque déjà les esprits et qui leur permet de recruter Éric, le bassiste. <em>« On le rencontre car on cherche à ce moment-là un mec à la basse. Problème : il n’en joue pas. On lui fait quand même écouter notre maquette de </em>Lambé<em>, et là il nous dit : “OK, j’vais faire de la basse”. »</em> Fanch, le batteur, est quant à lui engagé le 27 septembre 1995… avant de jouer le soir-même au club Chez Arnold, pour la première fois à quatre. <em>« Ce jour-là, on répète de 14 h à 19 h, et on enchaîne direct. »</em></p>
<p style="text-align: justify;">Le groupe n’a pas encore de nom (celui-ci arrivera deux semaines plus tard, <em>« c’est le nom d’un village tunisien, un souvenir de vacances quand j’étais gamin »</em>, éclaire Stan) mais glisse déjà ses premières chansons dans son set. <em>« Au milieu de nos reprises, on incrustait nos morceaux sans prévenir que c’était des compos, sinon tout le monde se serait barré. Et quand on balançait </em>Lambé, <em>les gens nous disaient “c’est quoi cette chanson de Stivell ? C’est quoi ce morceau de Tri Yann ?”. Ils avaient l’impression de la connaître. Même nous on s’est demandé pendant longtemps à qui on avait pompé la mélodie. »</em></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/03/Matmatah-4.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-3376" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/03/Matmatah-4-1024x538.jpg" alt="Matmatah-4" width="1024" height="538" /></a>Très vite, deux gars sentent le potentiel du quartet et intègrent l’équipe. D’abord Julien Banes, ami de longue date de Stan, qui endosse les fonctions de manager en février 96. Puis Marc Ribette, le tourneur : <em>« Après un concert dans un bar de Brest, je suis allé les voir pour leur proposer de travailler avec eux. Le lendemain,</em> <em>ils étaient dans mon bureau et on décidait de bosser ensemble… Ça faisait seulement deux mois que j’étais à Quai Ouest Musiques, je découvrais à peine le métier… »</em></p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #ff0000;">Concerts en boulangerie</span></h3>
<p style="text-align: justify;">Les mois qui suivent vont vite le former, les quatre musiciens décidant de mettre leurs études entre parenthèse pour tenter l’aventure. <em>« Quand je me suis installé à Brest, le truc était clair : on ne s’occupe que de Matmatah. On savait que le groupe ne laissait pas indifférent, il fallait donc y aller à 100 % sans se poser de question »</em>, se remémore Julien Banes qui passe alors ses journées sur les routes à la recherche de lieux où jouer. <em>« On a tourné à fond. Quatre à cinq concerts par semaine. On a tout fait : inauguration de boulangerie, galerie marchande de supermarché… Mais à un moment, on a arrêté les conneries pour se concentrer sur les bars, les clubs et quelques festivals pendant l’été. »</em></p>
<p style="text-align: justify;">Avant l’arrivée en 1997 du premier CD deux titres, contenant <em>Lambé</em> et <a href="https://youtu.be/RUWwIs9rBKo" target="_blank"><em>Les Moutons</em></a>. <em>« On en avait pressé 1 000 au début. Ça devait être un simple outil de démarchage pour trouver des concerts. On en a quand même mis une vingtaine à La Sonothèque, le plus gros disquaire de Brest. Rapidement, on a dû en remettre vingt, puis trente, ainsi de suite… Jusqu’au jour où RBO diffuse</em> Les Moutons <em>et, là, leur standard explose. Tout le monde les appelle pour savoir ce que c’est. En l’espace de six mois, on en vend 30 000. »</em></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/03/Matmatah-2.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-3377" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/03/Matmatah-2-1024x766.jpg" alt="Matmatah-2" width="1024" height="766" /></a>Si les singles s’écoulent aussi facilement qu’un pichet de Coreff un après-midi de juillet, l’équipe décide néanmoins de stopper leur commercialisation. <em>« Ce n’était plus gérable. On avait dû embaucher un pote qui faisait le tour de la région en 4L pour la livraison. Et puis, en prévision de l’album qui allait arriver, c’était mieux de ne plus en presser… »</em>, explique Julien qui, au lycée, a visiblement bien potassé son cours sur l’offre et la demande.</p>
<p style="text-align: justify;">L’avenir lui donnera raison. En juin 98, la veille du match d’ouverture de la Coupe du monde de foot, déboule <em><a href="https://www.youtube.com/playlist?list=PLOB6lKS4YjvPsjzX7IqChVWVbS0nRBaaL" target="_blank">La Ouache</a></em> et sa tracklist aux allures de best-of : <em>Anter-ouache, Emma, Lambé, Troglodyte, Kerfautras, Dernière journée en mer, L’Apologie, La Fille du chat noir, An Den Coz, Derrière ton dos, Les Moutons, La Complainte de Fanch, Ribette’s</em>. Treize titres enregistrés à Catsfield en Angleterre pour un album qui affolera les compteurs : 800 000 exemplaires vendus. En même temps que l’équipe de France enchaîne les matchs les doigts dans le nez (le doublé de Thuram putain !), Matmatah devient l’un des sujets de conversation en Bretagne. <em>« L’été 98, ça a été n’importe quoi. Tous les jours ou presque, on avait un article dans le journal. La Coupe du monde a sans doute joué. On était dans une période d’euphorie et notre musique, plutôt festive, collait bien à l’ambiance. »</em></p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #ff0000;">Cours de kan ha diskan</span></h3>
<p style="text-align: justify;">En plus des deux buts de Zizou, le paysage musical de cette fin des nineties va également contribuer à mettre Matmatah sur orbite. <em>« Il faut se remettre dans le contexte : la musique avait été polluée par les boys bands, l’électro émergeait, le hip-hop arrivait à maturité. Cela faisait dix ans qu’on avait pas eu une bonne vieille guitare, un mec qui sue, une bière… du rock !,</em> situent Stan et Julien qui – forcément – citent Louise Attaque, le phénomène de 1997. <em>Ils ont aidé tout le monde car ils venaient de la base. Ça a encouragé des directeurs artistiques à sortir de Paris pour voir ce qui se faisait ailleurs. Louise a essuyé les plâtres un an avant nous. »</em></p>
<p style="text-align: justify;">Un goût pour les groupes du cru auquel va s’ajouter le renouveau de la vague celtique initié par Stivell en 1993 avec son album <em>Again</em> et par Dan ar Braz à la tête de L’Héritage des Celtes en 1994. Fort de ses morceaux aux consonances celtisantes et aux références bresto-bretonnes, Matmatah va profiter à pleine balle de ce regain d’intérêt pour tout ce qui vient de l’Ouest. <em>« J’ai vachement baigné dans la musique bretonne quand j’étais enfant. Mes parents m’emmenaient au fest-noz mais ça me faisait chier. C’est après l’adolescence que j’y suis revenu par moi-même »</em>, raconte le chanteur qui, à la fac, a même pris des cours de kan ha diskan. <em>« Moi qui est originaire de Paris, je trouvais ça génial, limite avant-gardiste,</em> se marre aujourd’hui Julien. <em>On était en plein revival celtique. On s’achetait tous des flûtes pour jouer</em> Pardon Spezed<em>, on était à bloc. »</em></p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #ff0000;">&laquo;&nbsp;Les gens étaient zinzins&nbsp;&raquo;</span></h3>
<p style="text-align: justify;">La scène bretonne est alors en pleine ébullition. Des groupes de rock celtique voient le jour un peu partout et squattent les premières parties de fest-noz, incontournables à l’époque dans le moindre bled. Dans le sillon de Matmatah, deux noms vont se faire remarquer : Armens, originaire de Lorient, et Merzhin, basé à Landerneau. Chanteur de la formation lorientaise qui fête cette année ses vingt ans, Alex a encore parfaitement en tête l’engouement que suscitaient les artistes estampillés BZH : <em>« On a eu le bol absolu de tomber dans un moment où les gens étaient zinzins de tout ce qui avait rapport de près ou de loin avec la musique celtique. En 1997, on fait le off du Festival Interceltique où on joue huit soirs sur dix. Chaque jour, on n’a pas encore fini d’installer le matos que les gens font la queue pour acheter notre tout premier disque, un 5 titres. Au final, on en vend 5 000 comme ça, de la main à la main. Et chaque soir, devant le bar où on jouait, t’avais 2 500 personnes. C’était dingue. »</em></p>
<p><iframe src="https://www.youtube.com/embed/q38dpXeFemw" width="610" height="458" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p style="text-align: justify;">A 130 kilomètres plus au nord, les six gars de Merzhin connaissent un parcours plus ou moins similaire en écoulant 50 000 exemplaires de leur premier EP, enregistré en deux jours dans une discothèque de Landerneau (<em>« Les Korrigans, une boîte mythique par chez nous ! »</em>, précise Pierre, le chanteur).</p>
<p style="text-align: justify;">Une étiquette “rock celtique” pas toujours bien vécue par les intéressés. D’un côté, Merzhin qui la revendique sur <em>Pleine Lune</em>, son premier album presque disque d’or (98 000 exemplaires) : <em>« On se considérait pleinement comme un groupe de rock celtique. Nos compos étaient axées sur la bombarbe : elle était au premier plan et prenait souvent la place du chant. On trouvait que c’était un instrument puissant qui allait bien dans le rock. »</em></p>
<p><iframe src="https://www.youtube.com/embed/EsFfqZlYQCM?list=PLDCE8DE749F9EAC8E" width="610" height="343" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p style="text-align: justify;">De l’autre côté, Armens et Matmatah à qui cette case n’a jamais vraiment convenu. <em>« Il n’y avait pas plus que ça une volonté de s’ancrer dans une logique bretonnante. Il se trouve juste que notre accordéoniste était fan de Red Cardell et que c’est par lui que les mélodies sont arrivées. Mais ça n’a jamais été une démarche consciente,</em> assure Alex. <em>En revanche, on a toujours revendiqué s’inscrire dans la lignée des Levellers, un groupe anglais de punk-rock qui mettait en valeur le violon. On a d’ailleurs récupéré cette</em> <em>sauce-là pour </em>Six Différents<em>, notre premier album. »</em></p>
<p style="text-align: justify;">Un album que les six gaziers lorientais, alors signés chez Columbia, enregistrent au studio Méga à Suresnes : <em>« Des conditions top. Du jour au lendemain, on a basculé dans l’univers major. On arrive dans un studio où était Céline Dion la semaine d’avant. Et on nous annonce que c’est Thierry Rogen, le boss des lieux, qui va finalement nous enregistrer. Il venait de se prendre la tête avec Mylène Farmer. Il était donc plutôt content de récupérer un groupe de Bretons pas connus : en gros, des mecs qui viendraient pas lui casser les couilles. Le soir, on se prenait des cuites avec lui en matant </em>Les Bronzés. <em>Ça s’est super bien passé. » Six Différents </em>se vendra à 80 000 exemplaires et assurera quelques grosses dates à Armens, dont quelques-unes partagées avec Matmatah. Au Printemps de Bourges notamment lors d’un plateau “celte-rock” en 1999.</p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #ff0000;">&laquo;&nbsp;Les mecs nous demandaient où étaient nos binious&#8230;&nbsp;&raquo;</span></h3>
<p style="text-align: justify;">Pas forcément toujours au goût de Julien Banes. <em>« à un certain moment, il y avait une volonté de notre part de ne plus voir traîner le mot celtique. Un mot qu’on n’a jamais utilisé pour qualifier notre musique. On a alors essayé de ne pas faire la totalité des plateaux celtisants car on en avait marre de cet enfermement. »</em> Stan embraye : <em>« On avait des références bretonnes mais Matmatah ne se résumait pas à ça. C’était du rock avec des influences diverses. </em>L’Apologie <em>par exemple, pour moi c’est du zouk. Mais à cause de </em>Lambé<em> et des </em>Moutons,<em> on nous a mis une étiquette dure à décoller. Surtout que cela a généré des malentendus. Comme la fois où on a débarqué dans un bar celtique dans les Alpes : les mecs ne comprenaient pas pourquoi on branchait nos amplis Marshall et nous demandaient où étaient nos binious… D’où le virage radical sur le deuxième album. »</em></p>
<p style="text-align: justify;">Pas de <em>La Ouache</em> n° 2 donc, mais <em><a href="https://www.youtube.com/playlist?list=PLOB6lKS4YjvPu8fCJFHsPOrDfVek7yvmw" target="_blank">Rebelote</a></em>, un disque plus sombre, pas vraiment porté sur la déconne. L’enregistrement se déroule en novembre et décembre 2000, dans un tout autre contexte que 98. Outre le procès de <em>L’Apologie</em>, le groupe fait face à un contexte plutôt morose. <em>« On est en plein hiver dans un manoir en Angleterre. Ça respire pas vraiment la joie de vivre. Notre producteur, Dan Presley, est américain et, à ce moment-là, George W. Bush se fait élire. On passe dans autre chose, on change de siècle. »</em> S’il se vend “seulement” à 180 000 exemplaires (<em>« on avait conscience que les ventes massives du premier album ne correspondaient pas à la réalité. Aucun groupe de rock français n’a vendu 800 000 exemplaires à chaque album »</em>), <em>Rebelote</em> (qui a plutôt bien vieilli) leur offre tout de même un premier Olympia et une nouvelle tournée des gros festivals.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/03/Matmatah-9.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-3378" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/03/Matmatah-9-996x1024.jpg" alt="" width="996" height="1024" /></a>Une réorientation artistique qu’opèreront également les autres formations. <em>« C’était une envie, mais aussi une nécessité : la vague celtique était retombée, il fallait évoluer »</em>, concède Pierre, de Merzhin, qui après un contrat avec BMG a retrouvé bon gré mal gré la voie de l’indépendance et de l’autoproduction (en ce début 2016, le groupe s’apprête à dévoiler son septième album studio. <em>« Objectif : 5 000 ventes. De quoi rentrer dans nos frais »</em>).</p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #ff0000;">Un retour en festivals ?</span></h3>
<p style="text-align: justify;">Chemin semblable pour Armens dont le deuxième album n’a pas vraiment séduit (30 000 exemplaires). <em>« On n’a pas transformé l’essai, mais on ne va pas se plaindre. Avec le recul, on a eu globalement de la chance. Juste ce petit regret de ne pas avoir réussi à faire un tube… »</em>, sourit Alex dont le groupe, plus ou moins en sommeil, est de temps en temps sollicité pour une date par-ci par-là.</p>
<p style="text-align: justify;">Bien que séparés depuis 2008, après avoir sorti les plus discrets <em>Archie Kramer</em> et <em>La Cerise</em> (<em>« tous disques d’or »</em>), les gars de Matmatah ont eux aussi reçu quelques propositions suite à la sortie, il y a quelques semaines, d’un coffret à l’occasion de leur 20<sup>e</sup> anniversaire. <em>« Nous avons eu de jolies offres de la part de festivals, mais nous n’avons pas donné suite. Pour l’instant, ce n’est pas à l’ordre du jour »</em>, coupe le manager qui, en attendant un éventuel retour sur scène, surveille encore les audiences du groupe sur le Net : <em>« Le soir du nouvel an, il y a toujours un pic à 30 000 écoutes sur la page Deezer de Matmatah. Sur une moyenne de dix invités par fête, ça fait quand même près de 300 000 personnes qui continuent à faire la fête sur notre musique. »</em></p>
<p style="text-align: right;"><strong>Julien Marchand</strong><br />
Photos : Youri Lenquette et DR<br />
Paru dans <a href="http://bikinimag.fr/?p=3339" target="_blank">Bikini#25</a></p>
<h2>Que deviens-tu, Manau ?</h2>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/03/manau-1.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-3379" src="http://bikinimag.fr/WordPress/wp-content/uploads/2016/03/manau-1-1024x570.jpg" alt="manau-1" width="1024" height="570" /></a>Le 27 novembre dernier, Manau sortait un nouvel album, <em>Celtique d’aujourd’hui</em>. <em>« Ça doit être le neuvième je crois »</em>, calcule Martial Tricoche, dont la trogne s’affiche en grand sur la pochette. Il est l’un des deux membres originels du groupe avec Cédric Soubiron, qui a lâché l’affaire depuis longtemps. <em>« Maintenant il fait du théâtre mais Laurent </em>(Meliz, ndlr)<em>, qui est avec moi, est là depuis le départ,</em> poursuit Martial.<em> Il a fait les arrangements sur </em>La Tribu de Dana<em> mais il était plus dans l’ombre. » </em></p>
<p style="text-align: justify;">En 2016, Manau est donc toujours vivant, même si des neuf albums revendiqués par son leader – en vrai sept d’après nos calculs – seuls les trois premiers sont connus du grand public : <em>Panique Celtique</em>, sorti en 1998, <em>Fest Noz de Paname</em> en 2000 et l’évocateur <em>On peut tous rêver</em>, paru en 2005 et qui a clos le contrat lié avec le géant Universal. Sans regret, assure Martial : <em>« Eux et moi on n’a pas souhaité renouveler. On s’est serré la main très amicalement et voilà, chacun sa route. Je voulais découvrir autre chose. » </em></p>
<h3 style="text-align: justify;"><span style="color: #ff0000;">Catégorie rap/groove</span></h3>
<p style="text-align: justify;">Autre chose, c’est le circuit indé et l’autodistribution avec des ventes confidentielles. <em>« J’ai pas les chiffres, </em>élude l’intéressé<em>. Pas même du premier, je sais que c’est plus d’un million mais je sais pas exactement. Notre but désormais c’est de faire plein de concerts. En 2016, on se remet sur la route. »</em></p>
<p style="text-align: justify;">Martial est à bloc, comme à la grande époque des débuts où lui et son pote Cédric sont propulsés en tête du hit-parade (23 semaines dans le top 3 des ventes de singles avec <em>La Tribu de Dana</em> en 98), des plateaux télés (Drucker, Les Victoires de la musique avec un succès dans la catégorie rap/groove (<em>sic</em>) devant NTM et MC Solaar) et des scènes XXL (Olympia, Francos, la tournée des Zénith…). Têtes de gondole d’un genre dont ils sont les seuls membres : le rap celtique.</p>
<p><iframe src="https://www.youtube.com/embed/5RQ-UcKtgVQ" width="610" height="458" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p style="text-align: justify;">Une époque sur laquelle il n’aime pas trop revenir. <em>« J’ai raconté un million de fois l’histoire,</em> souffle-t-il. <em>Ce qu’il s’est passé c’est que d’un seul coup on a signé en maison de disques, et ça a pris… »</em> Des proportions ingérables ? <em>« Dans la musique y a un côté magique et c’est ce qui est arrivé avec nous. C’est l’histoire de mecs qui ont fait des morceaux dans une chambre et six mois après ils étaient numéro 1. Du jour au lendemain, tu te retrouves à la télé donc tous tes copains se mettent à chambrer. C’est assez drôle ce qui t’arrive, tu commences à prendre des thunes alors que t’as vécu toute ta vie au smic… Mais on savait que quand tu fais un méga tube comme ça, tu fais pas </em>La Tribu de Dana 2. <em>»</em></p>
<p style="text-align: justify;">Reste que grâce à l’argent gagné à l’époque et aux royalties qui tombent encore aujourd’hui pour les deux-trois tubes de l’époque (<em>« Manau ça tourne toujours un peu en radio. On peut se permettre de vivre, d’acheter du matériel »</em>), le groupe continue son chemin, en toute discrétion. <em>« C’est un peu de l’artisanat. »</em> Même si lors des concerts, le retour au passé s’impose : <em>« Si tu chantes pas </em>La Tribu de Dana<em>, les gens, ils te jettent des pierres. »</em></p>
<p style="text-align: right;"><strong>Régis Delanoë</strong></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://bikinimag.fr/?feed=rss2&#038;p=3374</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>
